Alors que la flambée des prix agricoles faisait rage au cours de l’été 2007, les membres de la Commission internationale des industries agroalimentaires (CIIA) avaient décidé de lancer une étude et d’organiser une table ronde sur le développement durable des entreprises agroalimentaires durant le SIAL. Des premières conclusions ont été tirées, invitant à plus de rigueur de la part des industriels et notamment des PME.
La table-ronde réunie par la CIIA au Sial a fait le point suite à l’étude lancée au printemps sur l’implication des entreprises agroalimentaires dans le développement durable Les informations échangées lors de la table ronde seront approfondies lors de séminaires de formation que la CIIA organise les 29 et 30 janvier prochain sur le développement durable et l’éco-conception comme source d’innovations, ainsi que sur les économies d’énergie et les énergies nouvelles.. Elle a réuni notamment Mella Frewen, la directrice générale de la Confédération européenne des IAA (CIAA) et Christian Rousseau, vice-président de Coop de France, et au nom de Jean-Louis Borloo, une conclusion a été donnée par Mme Papallardo, commissaire générale du développement durable.
L’étude menée par la CIIA a identifié 4 types d’entreprises agroalimentaires :
– les groupes industriels qui publient un rapport détaillé avec un cadre dirigeant en charge du de développement durable ainsi que des PME qui prennent de réelles initiatives et communiquent sur leur réalisation ;
– les entreprises qui réalisent des actions qui pourraient être prises en compte dans le cadre du développement durable mais ne s’y référent pas explicitement ;
– les entreprises qui affirment simplement que le développement durable est un élément de leur stratégie, mais sans indiquer la moindre donnée ou action précise ;
– les entreprises qui ne semblent pas avoir encore intégré la notion de développement durable.
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Autre conclusion de l’étude, les critères économiques sont généralement marginalisés dans les documents publiés. Ceci n’est, en fait, que la traduction des multiples référentiels. Ainsi le Global Reporting Initiative (GRI) ne compte que 13 indicateurs économiques sur 97 et des facteurs comme l’effort de R&D ou la répartition des risques ne sont pas pris en compte… Or, la crise actuelle montre la nécessité d’un réel équilibre entre les critères économiques, sociaux et environnementaux.
Multiplicité des référentiels
De plus, la multiplicité des référentiels risque de jeter le trouble dans l’esprit des consommateurs et de discréditer toute référence au développement durable. Les responsables politiques doivent susciter rapidement une harmonisation, faute de quoi ce seront les grandes sociétés de distribution qui imposeront leurs référentiels et en feront des outils de négociation avec leurs fournisseurs.
Au terme de cette étude, Michel Foucault, Secrétaire général de la CIIA, a invité les entreprises agroalimentaires à se mobiliser pour œuvrer à la sécurité alimentaire des grandes agglomérations qui vont accueillir 1,5 million d’habitants de plus par semaine d’ici 2030.
Mella Frewen, directrice générale de la CIAA, a présenté les multiples actions de la Confédération européenne des IAA, en particulier sur la compétitivité des PME et l’étiquetage des produits. Elle a indiqué qu’une invitation a été faite aux ministres européens de tenir une table ronde sur la production et la consommation durables, thèmes qui seront ceux du congrès des 27-28 novembre. Pour sa part, la commission internationale des IAA propose l’élaboration d’un code de conduite européen sur l’évaluation environnementale des produits et la communication auprès des consommateurs.
Christian Rousseau, vice-président de Coop de France et Président du comité « Notation développement durable » du groupe, a présenté le projet de grille de notation « Deepcoop » actuellement en cours de test dans 6 coopératives, dont la validation est prévue en janvier 2009. Les coopératives du groupe s’auto-évalueront sur la base de 3 référentiels complémentaires (GRI+European Environment Agency+Afnor FD X 30-023). Les notes seront attribuées par l’agence de notation extra-financière BMJ Ratings comme celle-ci le fait pour le Crédit agricole. De son côté, Fouad Benseddik, Directeur des Méthodes et des Relations Institutionnelles de Vigeo, agence de rating sur la responsabilité sociale, a présenté l’intérêt respectif de la certification et de la notation de développement durable. Mme Papallardo, Commissaire générale du développement durable, a conclu la table ronde en soulignant qu’au-delà de la crise économique et financière, il reste très important de poursuivre les efforts d’économies d’énergie et de réduction des déchets dans la perspective d’un développement durable.