Abonné

Enquête La crise stimule la R&D et l’innovation

- - 4 min

La crise n’est pas un frein à l’innovation, au contraire, en ces temps de perturbations économiques, la R&D et l’innovation apparaissent comme des aides à la compétitivité et au développement, si l’on en croit la seconde Enquête Minute réalisée en mai 2010 par le Salon IPA sur la capitalisation des savoirs, la R&D et l’Innovation. Fait nouveau, les entreprises n’hésitent plus à mettre toutes leurs forces vives à contribution. Bonne nouvelle, non seulement les investissements en R&D et innovation sont en hausse par rapport à 2008, mais ils devraient aussi progresser au cours des deux prochaines années.

Sur les deux dernières années, 78,5 % des répondants (1) affirment avoir lancé un (ou plusieurs) nouveau produit, service ou procédé. Ils étaient 71 % en 2008. Comme il y a deux ans le nombre des innovations incrémentales (modification, transposition ou amélioration de produits/procédés déjà existants) dépasse toujours celui des innovations de rupture (36 %).
Au nombre de ces innovations, les innovations produits sont encore les plus citées (84 % vs. 88 % en 2008). Les innovations de procédés sont en baisse (27 % vs. 33 % en 2008). Elles concernent l’automatisation, qui enregistre une hausse sensible (55 % vs. 28 % en 2008), le traitement thermique (35 % vs. 28 % en 2008) et l’économie d’énergie (stable à 22 %).
Les innovations de services sont en nette progression : 27 % vs. 9 % en 2008.

Recours à toutes les ressources internes
Comme en 2008, les objectifs majeurs de l’innovation restent l’augmentation des ventes et/ou du chiffre d’affaires (65 % vs. 62,5 % en 2008) et le développement d’un avantage concurrentiel (53 % vs. 52,5 % en 2008). En revanche, 2010 fait apparaître une nette progression de l’intérêt des industriels pour « le service client » : améliorer la qualité des produits (37,5 % vs. 23 % en 2008), satisfaire la demande (31 % vs. 19 %), accroître la notoriété (14,5 % vs. 10,5 %). En ces périodes tourmentées, les préoccupations économiques dominent : le gain de productivité est un objectif en hausse (21 % vs. 13,5 % en 2008).
Si les services R&D internes demeurent logiquement le premier acteur de l’innovation, de plus en plus d’entreprises mettent à profit les savoir-faire et les expériences de leurs autres équipes internes (production, commercial…) : 51 % vs. 38 % en 2008.
Les entreprises font également plus largement appel aux centres d’innovation/centres de compétitivité/centres techniques externes (14 % vs. 8,5 % en 2008) et aux laboratoires (13 % vs. 9,5 % en 2008). En 2010, seulement 2 % des entreprises affirment que l’innovation ne s’inscrit pas dans leur stratégie actuelle. Un chiffre en nette régression, si on le compare aux 11 % de 2008.
Les trois freins à l’innovation sont les mêmes qu’en 2008. Toutefois, si les problématiques de temps et les moyens humains enregistrent une baisse (respectivement 27 % vs. 33,5 % en 2008 et 26 % vs. 32,5 % en 2008), la contrainte budgétaire connaît une hausse significative (47 % vs. 35,5 % en 2008). Juste après arrivent les difficultés techniques et technologiques (24 %) et l’accès aux financements extérieurs (19 %).

Des investissements en hausse
Pour financer la recherche, les entreprises n’hésitent pas à mettre la main à la poche : la part du chiffre d’affaires consacrée à la R&D est en nette progression. Un pari osé en temps d’instabilité économique qui témoigne de l’intérêt croissant porté par les entreprises à la R&D et à l’Innovation. 28 % des entreprises y consacrent de 1 à 3 % de leur chiffre d’affaires (vs.18,5 % en 2008) ; 16 % plus de 3 % de leur chiffre d’affaires (vs. 13,5 % en 2008) ; 24 % moins de 1 % de leur chiffre d’affaires (vs. 28,5 % en 2008).
Donnée stable par rapport à 2008, 63 % des sociétés n’ont pas bénéficié d’aides publiques pour financer la recherche. Celles qui y ont eu droit ont surtout utilisé le crédit impôt recherche (10,7 %) et les aides régionales (8 %).
Cette tendance à la hausse des investissements devrait perdurer puisque 68 % des entreprises pensent que la part investie en R&D augmentera (38 %) ou restera stable (30 %) dans les deux années à venir. Dans le même temps, 77 % des répondants envisagent de lancer des innovations sur le marché.
Aux quatre premières places des secteurs les plus innovants de l’industrie agroalimentaire, on retrouve les mêmes qu’en 2008… dans un ordre différent. En 2010, les répondants plébiscitent les produits laitiers et fromagers (44 % vs. 30 % en 2008), les liquides et boissons (38 % vs. 23 % en 2008), les plats cuisinés (33 % vs. 50,5 % en 2008) et les produits diététiques/infantiles (30 % vs. 46,5 % en 2008).

(1) 144 professionnels nationaux et internationaux issus de tous les secteurs représentatifs des IAA. Près d’un tiers d’entre eux sont européens, 42 % sont français. La zone géographique hors Europe la plus représentée est le Maghreb (17%)

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Innovation
Suivi
Suivre
entreprises
Suivi
Suivre