Les multinationales du lait ont réalisé des acquisitions d'entreprises pour croître dans des économies occidentales moroses, explique la Rabobank dans une note du 9 juillet. Les alliances avec des groupes chinois, débouché dynamique, ont également fleuri.
APRÈS 18 mois difficiles pour le marché laitier mondial, avec des économies en berne et des difficultés d'approvisionnement en lait, les acquisitions d'entreprises sont un moyen pour les géants laitiers mondiaux de réaliser de la croissance et de gagner en rentabilité, explique Rabobank dans une note du 9 juillet. Les groupes « aptes à acquérir des entreprises resteront bien placés pour survivre et prospérer », explique la banque néerlandaise.
LA PROGRESSION DE LA PRODUCTION DE LAIT VA MARQUER LE PAS
Les acquisitions sont le moyen le plus sûr de progresser, avec une croissance qui ne devrait pas retrouver le rythme qu'elle a connu avant 2008. D'une part l'économie mondiale n'est pas aussi dynamique, d'autre part « la croissance de la production de lait ne peut se poursuivre au même rythme à un prix qui reste acceptable pour les consommateurs », estime Tim Hunt, auteur de l'étude. « La hausse des coûts de production et la généralisation de certaines contraintes rend la poursuite d'une croissance de 2,5 % à 3 % par an impossible. Une progression de 2 à 2,4 % par an sur les cinq prochaines années serait admirable », prévoit-il.
BILAN 2013 DES FUSIONS-ACQUISITIONS
Il y a eu 124 transactions en 2013, contre 111 en 2012. Rabobank note aussi les partenariats tissés entre les entreprises mondiales et des groupes chinois, pour pénétrer le florissant marché asiatique : Mengniu, Whitewave et COFCO se sont rapprochés ; Danone, via Yili, a annoncé un accord de partenariat avec Dairy Farmers of America. Mengniu a pris une participation dans la China Modern Dairy. Une joint-venture est en cours entre FrieslandCampina et Huishan. En France, Sodiaal fournira du lait et du lactosérum à Synutra, qui construit des tours de séchage dans le Finistère.
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LES CHINOIS TRÈS DYNAMIQUES
Dans son classement des 20 plus grosses entreprises laitières, le suisse Nestlé reste numéro 1, suivi des français Danone et Lactalis. Sodiaal et Bongrain sont 15 et 16e. Certaines entreprises ont une croissance très supérieure aux autres, « comme les géants chinois Yili et Mengniu, qui ont vu leurs ventes s'accroître de 14% et 20% respectivement, avec Yili qui entre pour la première fois dans le top 10 ». Les analystes parlent du secteur laitier comme « l'un des secteurs alimentaires les plus dynamiques au monde ».
LES APPROVISIONNEMENTS RESTERONT TENDUS
La fin des quotas l'an prochain en Europe devrait contribuer à une partie de la croissance de la production mondiale, même si la sous-réalisation actuelle des quotas tend à montrer qu'ils ne sont pas la seule contrainte sur la production. Et « avec des prix du lait qui devraient rester en deçà des pics des dernières années, les approvisionnements devraient rester tendus les cinq prochaines années », estime Tim Hunt. Ce reflux des prix, combiné à une hausse des ventes, devrait en revanche profiter à la rentabilité des transformateurs du secteur.