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Jus de fruits La croissance toujours à l’ordre du jour

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L’interprofession des jus de fruits Unijus, qui annonce avoir signé fin décembre une charte collective d’engagements nutritionnels dans le cadre du PNNS, publie ses chiffres pour l’année écoulée. Et se félicite de ce que le marché est resté en croissance sensible dans la grande distribution.

En 2009, la consommation de jus de fruits et nectars a atteint en France plus de 1,65 milliard de litres, tous circuits confondus (grande distribution + hard discount + consommation hors domicile). Le chiffre d’affaires global du marché des jus de fruits est ainsi aujourd’hui estimé à près de 2,1 milliards d’euros. Dans le circuit grande distribution (hyper + supermarchés + hard discount), il a augmenté de 3,6 % sur un an, passant de 1,44 milliard d’euros en 2008 à 1,79 milliard d’euros en 2009.
Le marché a été plutôt tiré par les GMS (+3,9 % à 1 milliard d’euros), le hard discount, à 32,7 % de part de marché, augmentant de 3,1 %). Le secteur conforte ainsi sa position de premier marché en valeur, hors rayon eaux, du secteur des boissons sans alcool.
Les jus de fruits ambiants renforcent leur pôle position : avec une croissance de 4 % en volume, ils pèsent maintenant 92 % du total, alors que les jus de fruits réfrigérés reculent de 0,6 %.
En tête des ventes en magasins, se trouvent les purs jus (46,2 % des volumes) dont la croissance a été de 5,3 % l’an passé. Les jus à base de concentré (31 % du total) ont crû de 3,5 % et les nectars (22 %) ont stagné (+0,3 %). A noter la forte progression (+8,3 %) des smoothies mais dont la part de marché (0,6 %) est encore marginale.
En ce qui concerne les parfums, même si le classique jus d’orange domine à 47,9 % du total, deux nouveaux parfums émergent en 2009, les jus de fruits rouges, en croissance de 19 % (1,6 % de part) et les jus de tomates (+20 %, 0,4 % de PDM). Les jus de pommes ont gagné 11 %, en revanche les multi-fruits vitaminés ont reculé de 4,9 %.
Si le format dominant reste le litre (58,3 % du marché) suivi du format 2 litres (15,8 %), on note une forte progression (+13 %) du 1,5 litre qui arrive à 14,7 % de part.
Côté conditionnement, le plastique creuse la différence avec le verre : en une seule année il a progressé de 25% et atteint 26,7 % des ventes et le verre a reculé de 20 % pour ne plus peser que 14 % des volumes, ce qui laisse toujours la première place à la brique carton (59,1 %).

Première profession engagée à 100 % dans une charte PNNS
Le président d’Unijus, Vincent Prolongeau (Pepsico France) a profité de la présentation de ces chiffres pour révéler que la profession s’est engagée auprès du gouvernement à réduire de 5% d’ici 2012 les sucres ajoutés dans les nectars et limiter à 6 grammes par litre le sel ajouté dans les jus de légumes.
Unijus, qui représente 85% de la fabrication des jus et nectars, a signé en décembre une charte d’engagement d’amélioration nutritionnelle avec les ministères de la Santé et de l’Alimentation, dite Charte PNNS.
Chacune des 32 entreprises de jus de fruit s’engage donc à ne pas ajouter de sucre dans les boissons « pur jus », ce qui était déjà vrai en pratique mais n’avait pas été formalisé.
Dans les « nectars » (composés de 50% de jus de fruits et de 50% d’eau et de sucre), les professionnels s’engagent à réduire d’au moins 5% les ajouts de sucre. En pratique, les entreprises ajoutent 5 à 6 g de sucre par litre de nectar fabriqué, selon Unijus. Enfin, ces professionnels s’engagent à limiter à 6 g/l le sel ajouté aux jus de légumes, alors « qu’aucune règlementation ne limite cet ajout » et que « les pratiques sont très hétérogènes ».
Ils s’engagent enfin à appliquer strictement le Guide de bonnes pratiques de communication nutritionnelle qu’avait déjà élaboré Unijus auparavant en veillant en particulier aux critères à respecter pour toute allégation d’équivalence entre un fruit et un jus de fruit.

Extension aux MDD
Les fabricants, qui produisent sous leurs propres marques ou sous-traitent la fabrication de jus vendus sous marque de distributeurs (MDD), indiquent en outre avoir obtenu des enseignes de la grande distribution que ces efforts nutritionnels s’appliquent également aux MDD. Ainsi la FCD a elle-même signé une série d’engagements qui sont un décalque de la charte d’Unijus, les marques de distributeurs représentant actuellement une part importante du marché (58 % des volumes de jus ambiants et 26 % en produits frais).
A ce stade, le comité d’agrément des chartes nutritionnelles mis en place en 2007 et que préside Noël Renaudin est loin d’avoir fait le plein. Seulement quatorze organismes (entreprises ou groupements d’entreprises agroalimentaires) ont signé la charte PNNS, dans laquelle ils s’engagent à faire baisser les teneurs en sel, en sucre ou en gras des produits alimentaires qu’ils fabriquent. Unijus se flatte d’être la première interprofession à s’engager dans son ensemble par une charte PNNS. Avant elle en effet, la charte signée par les principaux fabricants de confiture ne constituait pas un engagement de la totalité des adhérents de la FIAC opérant dans ce secteur.

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