Quelques jours après la découverte du premier cas d’ESB sur le sol des Etats-Unis, les autorités américaines ont décidé de renforcer les mesures de précaution pour combattre la maladie. A présent, Washington s’efforce de regagner la confiance des pays tiers, qui, comme le Japon et le Mexique, les deux principaux importateurs, ont fermé leurs frontières au boeuf américain. Sur le plan intérieur, l’annonce de ce permier cas n’a eu qu’un impact négatif limité sur la consommation. Un sondage a montré qu’une majorité d’Américains considérée toujours le boeuf comme une viande saine.
Le fait que les tests ADN ont prouvé que l’animal malade était née au Canada jete un nouveau doute sur le boeuf canadien.
Découvert dans une exploitation laitière de 4 000 têtes de l’Etat de Washington, la vache malade a été détectée début décembre. Les tests ADN indique que le premier animal infecté aux Etats-Unis est originaire des plaines de l’Alberta au Canada. Mais on se sait pas «où et quand» a été contaminé ce bovin qui vivait aux Etats-Unis depuis 2001, a précisé le ministre canadien de l’agriculture, Bob Speller. Il est né en avril 1997, trois mois avant l’interdiction au Canada des farines animales.
Le vétérinaire en chef de l’agence canadienne d’inspection des aliments, Brian Evans, a souligné qu’il n’y avait «pas de corrélation» établie entre la ferme de l’Alberta d’où venait la vache malade américaine et les élevages où était passée la première vache malade découverte au Canada en mai dernier.
Le département américain de l'agriculture a annoncé le 2 janvier la mise en quarantaine d'un troupeau de vaches dans l'Etat de Washington, au nord-ouest des Etats-Unis, après la découverte dans cet élevage d'un bovin provenant du troupeau où avait été diagnostiqué le cas d ’ESB.
Les responsables américains recherchent encore 80 autres bovins qui ont été importés du Canada début septembre 2001, en même temps que la première vache américaine contaminée par l'ESB.
De plus, les Américains ont fait procéder à l’abattage de 450 veaux, dont l'un d'entre eux est supposé être un rejeton de la vache malade.
Pressions pour une augmentation des tests
Pour évaluer l’incidence de l’ESB, l'Union des consommateurs américains estime nécessaire de généraliser les tests. "C'est un besoin urgent", affirme-t-elle, en regrettant que les pouvoirs publics «n'aient testé l'an dernier que 19 900 bovins pour détecter la vache folle sur un total d'environ 96 millions»
«Si nous voulons reconquérir nos marchés à l'exportation, il faudra réaliser bien plus de tests», affirme Michael Hansen, l'un des experts de l'association.
Le ministère de l'Agriculture n'a pas exclu des décisions en ce sens, suivant l'exemple de l'Union européenne, où sont testés les bêtes de plus de deux ans, et du Japon, qui inspecte tous les animaux avant l'abattage.
Robert Prusiner : « les Etats-Unis testent trop peu d’animaux »
La seule raison pour laquelle la maladie de la vache folle n'a pas été découverte plus tôt aux Etats-Unis, c'est parce que le ministère teste trop peu d'animaux, a expliqué Robert Prusiner, prix Nobel de médecine 1997, dans une interview au New York Times le 25 décembre. Lorsque plus de vaches seront testées, « nous comprendrons l'ampleur du problème », a-t-il déclaré, deux jours après l’annonce de la découverte du premier cas d’ESB .
Une trentaine de pays, dont les principaux clients des Etats-Unis, ont suspendu leurs importations de viande américaine après l’annonce de ce premier cas d’ESB. Plus des deux tiers des exportations de boeuf américain sont concernés par ces interdictions. Les Etats-Unis exportent quelque 10% de leur production, pour un montant estimé à environ trois milliards de dollars par an.
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Les deux principaux importateurs de viande américaine, le Japon, le Mexique ont fermé rapidement leurs frontières. Le ministre japonais du commerce, Shoichi Nakagawa, en visite aux Etats-Unis le 8 janvier, a posé comme condition à la levée de l’embargo sur le boeuf américain l’adoption par Washingtion de tests ESB crédibles auprès de l’opinion publique américaine. Le Japon pourrait se tourner vers la Nouvelle-Zélande et l’Australie pour assurer son approvisionnement.
Pour sa part, le Canada, troisième importateur de boeuf américain, continue à importer des produits et des morceaux d'animaux ne risquant pas de faire peser un danger sur la santé humaine.
Parmi les autres pays ayant suspendu les importations de viande bovine américaine se trouvent la Russie, la Chine, la Turquie, le Brésil, et l’Afrique du Sud.
L’UE n’envisage pas de restrictions supplémentaires
De son côté, l'Union européenne n'envisage pas de nouvelles restrictions à ses importations déjà réduites de viande américaine à cause de la question des hormones. «L'UE applique déjà un certain nombre de mesures protectrices pour s'assurer que des matériaux bovins susceptibles de propager l'ESB ne sont pas importés», a déclaré le commissaire européen à la santé, David Byrne.
«Ces mesures, en place depuis 1999, sont le résultat d'une procédure d'évaluation des risques scientifiques, qui a abouti à classer les Etats-Unis comme pays à risque», a ajouté le commissaire.
L'UE s'était déjà abstenue au printemps dernier de tout renforcement de ses restrictions à l'importation de viande bovine nord-américaine, après la découverte d'un premier cas de vache folle au Canada.
Renforcement des mesures de prévention contre l'ESB
La secrétaire américaine à l'Agriculture, Ann Veneman, a annoncé le 30 décembre une nouvelle série de mesures de prévention contre l’ESB qui doivent entrer en vigueur prochainement. La plus spectaculaire vise à retirer de la chaîne alimentaire humaine les produits des animaux trop malades pour marcher jusqu'à l'abattoir. Actuellement sur 35 millions de bovins passant chaque année par les abattoirs, environ 200 000 sont malades ou blessés, incapables de tenir sur leurs pattes et les trois quarts finissent dans la chaîne alimentaire humaine.
Par ailleurs, le département de l'agriculture va modifier sa classification des matériaux à risque dans la production de viande bovine. Ainsi les intestins grêles de tous les bovins seront écartés de la chaîne alimentaire humaine ainsi que les crânes, cervelles, ganglions, yeux, colonnes vertébrales et moelles épinières des animaux de plus de 30 mois.
Ces nouvelles mesures sont similaires à celles adoptées par le Canada après la découverte en mai dernier du premier cas de vache folle dans la province canadienne de l’Alberta.
Enfin, Mme Veneman a annoncé la création d'un groupe d'experts internationaux chargés d'examiner la politique suivie par les Etats-Unis après la découverte d'un premier cas de vache folle. (AC)
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