Abonné

Agence Bio La demande de produits bio semble insensible à la crise

- - 4 min

L’intérêt des consommateurs pour les produits bio aurait pu souffrir de la crise économique et des pressions sur le pouvoir d’achat. Il semble qu’il n’en soit rien, selon le dernier Baromètre de l’Agence Bio réalisé fin octobre 2008. Le dynamisme de la consommation de produits bio se renforce au contraire chez ceux qui étaient déjà acheteurs et qui sont rejoints de plus en plus par de nouveaux consommateurs.

L’ancrage du « bio » dans les habitudes de consommation des Français n’est pas un vain mot, selon Elisabeth Mercier, la directrice de l’Agence Bio, qui a présenté la semaine dernière les résultats du 6è Baromètre annuel commandé au CSA par le groupement d’intérêt public chargé de promouvoir l’agriculture biologique : en effet, 44% des Français ont consommé au moins un produit bio au moins une fois par mois en 2008 alors qu’ils n’étaient que 42% en 2007 (et 37 % en 2003), et 39% en ont acheté dans les 4 semaines précédant l’enquête (contre 37% en 2007 et 33 % en 2003).

Pour 2009, la morosité ambiante ne devrait pas infléchir la tendance puisque 74% des acheteurs-consommateurs de produits bio déclarent même avoir l’intention de maintenir, voire d’augmenter pour 22%, leurs achats de produits bio dans les 6 mois suivant l’enquête. Ils étaient respectivement 68 % et 30 % un an plus tôt. La viande bovine, les fruits et légumes et les fromages sont les produits qui en bénéficieraient le plus. Concernant la restauration scolaire, si un enfant sur quatre a déjà eu des repas bio, 78 % des parents de ceux qui n’en ont jamais eu sont demandeurs et seraient prêts à payer 6 % de plus pour cela. Plus généralement, quatre Français sur dix trouvent normal de payer plus cher le bio, entre 12 et 14 %, par rapport au non bio.

En vue de répondre à leurs attentes, les Français pensent qu’il faut développer l’agriculture bio et 76% considèrent qu’il s’agit d’une solution d’avenir face aux problèmes environnementaux.

Les Français s’accordent à dire, à 90% (vs 87% en 2007), que les produits bio sont « plus naturels car cultivés sans produits chimiques » et 89% qu’ils « contribuent à préserver l’environnement » (87% en 2007). Les produits biologiques s’inscrivent parfaitement dans leur volonté de privilégier des produits respectueux de l’environnement et/ou du développement durable. Cette volonté est partagée par 69% des Français (vs 67% en 2007) qui affirment (à 70 %) reconnaître ces produits en magasin grâce à la marque AB, le signe officiel d’identification des produits issus de l’agriculture biologique qui est connu par 85% des Français.

Les produits bio recrutent et fidélisent

Si les acheteurs de bio en sont consommateurs depuis en moyenne 9 ans, on note une nette tendance au recrutement avec 21% de nouveaux consommateurs de moins de 2 ans d’ancienneté. Le produit ayant le plus fort taux de recrutement de nouveaux consommateurs en 2008 est le vin issu de raisins de l’agriculture bio (29% des consommateurs de moins d’1 an), suivi des produits à base de soja, des petits pots pour bébés et des compléments alimentaires.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

crise économique
Suivi
Suivre
consommation
Suivi
Suivre

Au palmarès de la consommation, les fruits et légumes figurent au 1er rang des produits bio : 77% des consommateurs-acheteurs de Bio disent en consommer.

Ils sont 70% à consommer des produits laitiers, 56% des produits d’épicerie (huiles, pâtes, riz), 49% de la viande, 42% du pain et 40% des boissons.

Quelques produits se démarquent de l’ensemble dans la mesure où une majorité d’acheteurs ne les choisissent qu’en bio : c’est le cas pour les compléments alimentaires (61 % des consommateurs), des œufs (59 %), du lait (56 %), de l’huile ou des produits à base de soja.

Dans le trio de tête des raisons de consommation les plus citées par ceux qui en achètent, l’argument santé figure en tête : 94% contre 96% en 2007 ; ensuite la qualité et le goût : 92 % contre 91 % en 2007 ; et « pour être certain que les produits soient sains » (89 % contre 92% en 2007).

Dans leur grande majorité (72 %), les acheteurs s’approvisionnent en GMS (comme en 2007), 45 % sur les marchés, 26 % en magasins spécialisés, 24 % à la ferme et 22% auprès des artisans/commerçants, mais il demeure des différences notables selon les produits (voir tableau). Ceci n’empêche qu’en valeur les magasins spécialisés restent le premier circuit avec quelque 40 % de part de marché.