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Commerce mondial des viandes « La demande est forte mais l’UE n’est pas en mesure d’en profiter »

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L’avenir des productions animales en France est incertain. C’est ce qu’estime Christian Renault, directeur associé du bureau d’études Agriculture nutrition développement international (Andi), qui intervenait lors d’un débat organisé par l’Association des journalistes agricoles (Afja). « Avec la fin des droits de douane et des restitutions, nous aurons de plus en plus de mal à nous défendre », a-t-il prévenu.

La population mondiale ne cesse d’augmenter en même temps que ses besoins alimentaires. Pourtant, l’Union européenne semble éprouver de plus en plus de difficultés à pouvoir y répondre et rester compétitive, notamment en viandes. « La demande mondiale est forte mais l’Union européenne n’est pas en mesure d’en profiter », a constaté le 15 novembre Christian Renault, directeur associé du bureau d’études Agriculture nutrition développement international (Andi). Il intervenait lors d’un débat organisé par l’Association française des journalistes agricoles (Afja) sur le thème : « Le marché des filières végétales et animales et leur impact sur les marchés de l’agrofourniture ».

« De plus en plus de mal à nous défendre »

« Nous avons un problème général de coûts. Nos productions sont environ 40 % plus chères qu’au Brésil », souligne-t-il. La flambée du coût des matières premières n’a rien arrangé et nos problèmes de compétitivité à l’échelle mondiale pourraient s’accentuer encore. L’avenir des productions animales en France et en Europe reste très incertain. « Avec la fin des droits de douane et des restitutions, nous aurons de plus en plus de mal à nous défendre », prévient-il. « Le cas du lait montre qu’un prix trop bas démotive les producteurs et entraîne la baisse de la production », constate-t-il. Selon lui, ce seront les productions porcines et avicoles qui risquent d’avoir le plus de difficultés. Mais à plus long terme, ce pourrait être le contraire si les aides à la production bovine allaitante disparaissent.

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« Concentrer les entreprises »

Parallèlement à cela, la France n’est pas la mieux placée par rapport à ses voisins européens en termes de « compétitivité agricole ». « Nous prenons du retard par rapport à l’Union européenne », constate Yves Le Morvan directeur général de Coop de France. « La concentration des entreprises n’est pas facile mais c’est la condition nécessaire pour de volatilité dans les prix. La capacité à structurer les entreprises permet à certains pays (NDLR : notamment dans le secteur porcin) à mieux s’adapter pour rester compétitifs et exporter », analyse-t-il. Yves Le Morvan croit également en la capacité du monde animal et du monde végétal à mieux travailler ensemble.