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Coûts de production La dépense moyenne fongicide sur céréales baisse de 10 euros par hectare

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La dépense moyenne fongicide sur céréales s’est repliée de 10 euros par hectare cette année, a indiqué BASF Agro le 14 septembre lors de son bilan de campagne. Les dirigeants de la firme agrochimique voient dans cette réduction l’effet d’une « année exceptionnelle » sur le plan climatique notamment, et proposent pour l’an prochain des solutions « compétitives » pour les producteurs qui misent sur des traitements a minima.

Les producteurs de céréales à paille ont réduit d’environ 10 euros par hectare en moyenne leur budget de dépense fongicide, a indiqué Dominique Hazouard, responsable du pôle céréales chez BASF Agro, le 14 septembre lors d’une conférence de presse. Cette moindre dépense s’explique par un climat sec en avril-mai, principale période d’application des fongicides. Elle s’explique aussi par les cours encore bas des céréales avant juillet, qui ont conduit les producteurs à veiller à leurs coûts de production et à mettre en place des stratégies de réduction des dépenses phytos.

Une année « atypique »

En 2010, le marché des fongicides sur céréales s’est contracté de 14% en valeur. La nuisibilité des maladies fongiques a été « exceptionnellement basse en 2010 », ce qui fait considérer cette année comme « atypique ». Ces deux dernières années, les producteurs avaient dépensé 77 euros /hectare. Les 67 euros/hectare consacrés cette année à la protection fongicide marquent un retour à la moyenne des années 2006 et 2007.
Les conditions climatiques exceptionnelles de cette année font dire aux dirigeants de la firme que la dépense fongicide « devrait rebondir » l’an prochain. D’autant plus que les cours des céréales remontant depuis juillet, les producteurs pourraient moins chercher à mettre en place des stratégies de réduction des dépenses phytos, selon Dominique Hazouard, qui a constaté déjà depuis juillet une reprise des dépenses d’intrants et des investissements dans le machinisme.

Des solutions « compétitives »

Il n’empêche que les agriculteurs ont fait la démonstration de leur capacité d’adaptation à la nouvelle donne qu’est la volatilité des prix des céréales, et qu’ils peuvent aussi bien la mettre en œuvre pour conforter leur revenu. Par exemple le simple fait de traiter le blé à la bonne date leur fait gagner l’équivalent de 5 quintaux/hectare, a relevé Dominique Hazouard.
C’est pour tenir compte de cette capacité que l’entreprise cherche pour les prochains mois à segmenter son offre. BASF Agro, qui a adopté en septembre 2009 une stratégie « d’apporteur de solutions » et non de « simple fournisseur de produits », destine ainsi deux de ses fongicides, Capalo et Céando, au segment des solutions compétitives (30-35 euros par hectare). À côté, seront proposées des solutions plus « haut de gamme » (40-45 euros par hectare). Pour quel avantage pour le producteur ? La solution fongicide compétitive évite des pertes de rendements pour cause de septoriose, oïdium, rouille, etc. La solution haut de gamme apporte non seulement cet avantage, mais sécurise aussi la qualité sanitaire des grains, avantage particulièrement apprécié par les fabricants d’aliments du bétail, soucieux de ne pas dépasser les teneurs en mycotoxines dans les grains, ont fait valoir les dirigeants de BASF Agro.

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