Suite au refus d’Entremont Alliance d’augmenter le prix du lait payé aux producteurs à 40 euros pour mille litres, ces derniers ne relâchent pas leurs efforts pour obtenir gain de cause. L’arrêt des recommandations sur le prix du lait du Cniel à la demande de la DGCCRF en juin dernier est mis en cause. La Confédération paysanne annonce qu’elle va attaquer la décision de la direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes.
Depuis une dizaine de jours, les producteurs bretons multiplient les actions contre le groupe Entremont afin d’obtenir une meilleure valorisation du prix du lait, compte tenu de la hausse de leurs coûts de production. Le groupe fromager n’a accordé, en juillet dernier, qu’une hausse de 30 euros pour 1 000 litres de lait alors que ses producteurs en attendaient 49 euros, se basant sur l’ancien système de fixation des prix. Dernière action en date : des éleveurs bretons bloquaient le 25 août dernier une importante base logistique d’Entremont près de Rennes. Outre cette plate-forme, une quinzaine d’éleveurs de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs bloquaient également le site d’Entremont installé à Montauban-de-Bretagne.
Les producteurs bretons reprochent à Entremont de profiter de la remise en cause des accords interprofessionnels qui permettaient de mettre en place des recommandations sur le prix du lait. En avril dernier, la DGCCRF avait demandé de mettre fin à la recommandation d’évolution du prix du lait payé aux producteurs Cf Agra alimentation n°2022 du 05/06/2008 page 15, considérant qu’il y avait entente illicite sur les prix. En demandant cette dérégulation, « le gouvernement n’a pas pris toute la mesure des conséquences de cette décision », a affirmé Olivier Picot, président de l’Atla, interrogé par nos confrères de l’AFP. « Et les conséquences, on commence à les voir arriver avec une entreprise qui, et c’est bien son droit, décide d’appliquer un prix différent (des autres entreprises ndlr) et des producteurs qui sont inquiets du risque de contagion », a poursuivi Olivier Picot.
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Contractualiser
A l’heure actuelle, Entremont Alliance serait le seul groupe à avoir refusé le prix réclamé par ses producteurs. Le 19 août, l’entreprise a proposé aux éleveurs de fixer désormais le prix et les volumes de lait de façon contractuelle. « Dans cette filière où chacun dépend de l’autre pour exercer son métier, le groupe Entremont Alliance souhaite maintenir ce lien fort avec les producteurs pour avancer rapidement vers une contractualisation », a indiqué Christian Mazuray, président du groupe, dans un communiqué. Ces contrats prévoiraient « sur le moyen terme le prix et les volumes de lait collecté, selon des critères d’évolution acceptés à la fois par les producteurs et par le groupe ». Les producteurs bretons fournissent environ 70 % du lait traité par Entremont. Le reste est fourni par des coopératives laitières de l’Est de la France, sur la base de prix fixés contractuellement avec Entremont. Par ailleurs, la Confédération paysanne va attaquer la décision de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). La démarche, reprise au niveau national par le syndicat, sera menée devant le Conseil d’Etat.
La direction du groupe doit rencontrer, aujourd’hui, 28 août, les représentants des éleveurs. Alors que les autres groupes alimentaires ont accepté une revalorisation de 49 euros pour 1 000 litres de lait, quelle marge de manœuvre le groupe Entremont peut-il avoir ? Quelles conséquences entraînera la fin de ce conflit sur les futures relations entre industriels et producteurs laitiers ?