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Faune sauvage La dernière ourse « pyrénéenne » a été abattue par un chasseur

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La dernière ourse de souche pyrénéenne, dénommée « Cannelle », a été tuée le 1er novembre en vallée d’Aspe par un chasseur. Ce dernier, qui participait à une battue aux sangliers, a tiré après que l’ourse, accompagnée d’un ourson et se sentant menacée, eut chargé les chiens de chasse, en blessant un. Le ministre de l’Ecologie, Serge Lepeltier, a qualifié la mort de l’ourse de « catastrophe écologique ».

Avec la mort de Cannelle, les chances de conserver une souche française d’ours « sont quasiment perdues», a estimé le ministre. En effet, son ourson de 10 mois, qui s’est enfui et que « les services de l’Etat mettent tout en œuvre pour localiser », est probablement issu d’un mâle slovène et n’est donc probablement plus d’origine 100% pyrénéenne, a-t-il observé. D’après le ministère de l’Ecologie, il n’y a plus désormais d’ours femelle dans la vallée d’Aspe mais seulement un mâle d’origine slovène et peut-être un autre mâle « qui navigue entre l’Espagne et la vallée d’Aspe ». Au total, ajoute le ministère, la population des ours pyrénéens comporte encore « plus de 15 individus dont trois ou quatre femelles ». Ce n’est pas la première fois que des chasseurs tuent des ours dans les Pyrénées (l’ours Claude en 1994, puis Melba en 1997). Une enquête de gendarmerie est en cours pour déterminer les circonstances dans lesquelles l’ourse a été abattue et les responsabilités, a précisé Serge Lepeltier, ajoutant que l’Etat allait se porter partie civile dans cette affaire. Le ministre s’est rendu sur les lieux du tir le 4 novembre.

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FNE demande des « zones refuges »

Comme on pouvait s’y attendre, les milieux associatifs et les responsables écologistes ont vivement réagi à l’annonce de la mort de Cannelle. « La mort de la seule femelle pyrénéenne connue est un crime contre la nature», a réagi la Ligue Roc (défense de la faune sauvage) de l’astrophysicien franco-canadien Hubert Reeves. « Scandalisée », la fédération France Nature Environnement (FNE) dénonce pour sa part l’organisation de la battue aux sangliers « sur un site où la présence de l’ourse et de son petit avait été signalée ». « Le risque de débusquer l’ourse en dirigeant cette battue était évident », estiment les écologistes, tout en dénonçant l’échec du programme de sauvetage de l’ours dans les Pyrénées. FNE demande la création de zones refuges non chassées et que des agents de l’Office de la chasse et de la faune sauvage soient affectés à leur surveillance. L’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) a annoncé quant à elle qu’elle déposerait plainte contre le chasseur responsable du coup de feu et contre le président de la société de chasse, pour « destruction d’espèce protégée ».