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Prix du lait La DGCCRF demande l’arrêt de la recommandation nationale du Cniel

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Dans un courrier adressé au Cniel (interprofession laitière), la DGCCRF (répression des fraudes) demande de « mettre fin » à la recommandation d’évolution du prix du lait payé aux producteurs. Cette mise en demeure est « claire », estime Thierry Roquefeuil, secrétaire général de la FNPL. De fait, le Cniel a décidé de cesser sans délai l’émission des recommandations a indiqué Henri Brichart président de la FNPL et du Cniel dans le journal daté du juin.

Les recommandations d’évolution du prix du lait qui ont été instaurées avec l’aide des pouvoirs publics en 1997 sont stoppées. « Il est de notre responsabilité de tenir compte du courrier (de la DGCCRF : ndlr) et c’est pourquoi le Cniel cesse sans délai, l’émission des recommandation », écrit Henri Brichart, président de la FNPL et du Cniel dans un édito du journal Le trait d’union fédéral daté de juin. Cette mise en demeure de la répression des fraudes est « claire », estime Thierry Roquefeuil, secrétaire général de la FNPL. Du côté de la filière laitière c’est l’incompréhension qui domine après cette mise en demeure. « Alors que le président de la République et le ministre de l’Agriculture, dans leurs différents discours, mettent en avant la nécessité de plus d’organisation de filière, et au moment où la France défend à Bruxelles un mémorandum sur le même sujet (…), on interdit à l’interprofession française d’organiser l’économie laitière », souligne Henri Brichart. En effet, ces recommandations étaient décidées chaque trimestre en s’appuyant sur de nombreux indicateurs statistiques et validées par les trois familles de l’interprofession (producteurs : FNPL ; industriels privés et coopératifs : Fnil et FNCL) lors d’un comité de suivi du prix du lait.

Une certaine forme de sérénité

Pour le président du Cniel, ces recommandations ont « permis d’établir une certaine forme de sérénité dans la filière, malgré les difficultés de tous ordres, en rééquilibrant les rapports de force dans une production où le lait doit, coûte que coûte, quitter les exploitations tous les 2 ou 3 jours ». Cette décision de la DGCCRF n’est sans doute pas étrangère à la loi de modernisation de l’économie qui doit être examinée au Parlement dans les prochains jours. Il s’agit en effet pour le gouvernement d’obtenir une baisse des prix des produits dans les grandes surfaces afin de répondre à son objectif de doper le pouvoir d’achat des Français. Des recommandations négociées sur une évolution de prix payés aux producteurs peuvent sembler pour certains protagonistes comme un frein à cette ambition. Ce que réfute Henri Brichart : « Le consommateur lui non plus n’a pas eu à s’en plaindre, puisque l’évolution du prix au consommateur ces derniers mois en France a été bien plus raisonnable que chez tous nos voisins européens ».

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En tant que syndicat, la FNPL estime que « son objet social est d’informer ses adhérents et de trouver des solutions qui puissent éviter l’anarchie ». Cette décision de la DGCCRF va en effet « à l’encontre de toute organisation d’un secteur qui a su depuis longtemps se prendre en main », regrette le syndicat.