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UE/MDD La distribution européenne « disculpée » par un rapport commandité par Bruxelles

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EuroCommerce, le lobby du commerce de gros, de détail et international de l’UE, se réjouit de la publication par la Commission européenne d’une étude sur « les marques propres et leur impact sur la compétitivité de la chaîne d’approvisionnement alimentaire » (1). Etude qui conclut en particulier que la viabilité de l’industrie alimentaire et de l’industrie des boissons ne serait pas mise en jeu et que la rentabilité de l’industrie alimentaire ne se serait pas détériorée du fait de la concurrence des marques de distributeurs.

« Nous sommes satisfaits du fait que l’étude de la Commission européenne confirme nos affirmations selon lesquelles le développement des MDD ne met pas à mal et la viabilité et les profits de l’industrie agroalimentaire. Cette étude conclut également que les MDD n’ont pas d’effet négatif sur les PME ». Xavier Durieux, Secrétaire général d’Eurocommerce, le lobby de la distribution européenne, salue la publication par la Commission européenne d’une étude très attendue sur « les marques de distributeurs et leur impact sur la compétitivité de la chaîne d’approvisionnement alimentaire ». Etude qui a porté sur deux aspects majeurs, à savoir le développement du nombre d’entreprises et leur rentabilité ainsi que la capacité d’innovation du secteur. Ses conclusions confirment que les MDD ne sont pas préjudiciables aux PME, que la capacité d’innovation des entreprises n’est pas en déclin, que les MDD contribuent à créer des emplois et de la valeur ajoutée dans la R & D, le marketing et le design à la fois dans le commerce de détail et au niveau de l’industrie.
« Contrairement à ce que l’on affirme dans l’un ou l’autre forum, nous sommes heureux que l’étude de la Commission confirme les énormes avantages des marques propres », nous a affirmé le patron d’Eurocommerce, avant d’ajouter : « Nous demandons maintenant à la Commission de reconnaître les avantages des MDD et nous l’exhortons à cesser d’associer les marques marques aux pratiques commerciales déloyales ». Xavier Durieux n’oublie pas les parlementaires européens à qui il demande aussi de prendre en considération les conclusions de cette étude lors de la négociation sur les derniers éléments du projet de règlement sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires.

Principaux résultats de l’étude sur l’impact des MDD
Selon les conclusions de l’étude sur l’impact des MDD sur la compétitivité de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, l’innovation dans la chaîne alimentaire européenne ne serait pas sous pression, le nombre de nouveaux produits introduits dans le commerce ne diminuerait pas mais augmente encore et cela aussi bien pour les marques industrielles que pour les MDD. En outre, la rentabilité de l’industrie européenne de la transformation des aliments demeurerait constante et si le nombre des PME est en baisse celle-ci s’effectuerait « à un rythme normal ». En revanche l’étude de la Commission ne fournit pas une réponse claire à la question de savoir si la qualité des produits est mise sous pression du fait du développement des MDD.

L’exception espagnole
Selon l’étude de la Commission, il existerait quand même quelques exceptions importantes à l’intérieur de ces conclusions générales : le nombre de nouveaux produits introduits sur le marché en Espagne serait en chute libre. Deux facteurs l’expliqueraient : l’augmentation rapide de la part de marché des marques de distributeurs et la réduction du nombre d’unités de stockage dans de nombreuses formules de supermarché. L’étude note également que la part des MDD dans le lancement de nouveaux produits est en croissance progressive sauf au Royaume-Uni où la part des MDD dans l’introduction de nouveaux produits reste assez élevée. En Italie, relève l’étude, le nombre de marques propres est en augmentation pour les produits laitiers et de nombreux produits à base de céréales.
Pour ce qui est de la France, l’étude affirme que les PME françaises seraient moins susceptibles de produire des MDD. Cependant, l’étude n’exclut pas que les relations de négociation entre distributeurs et fournisseurs soient entachées d’inégalités et que certaines pratiques commerciales – comme le « copycatting » (copies parasites de produits) ou les retards dans les paiements – faussent la concurrence et/ou la viabilité d’entreprises spécifiques.

(1) Etude confiée à un département de l’Université hollandaise de Wageningen.

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