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Pac, Ecophyto La diversification des cultures à l’étude

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Une étude de chercheurs d’horizons divers dresse un état des lieux sur la diversification des cultures en France. Un sujet en lien avec Ecophyto et avec la réforme de la Pac.

Plus de trois quarts des exploitations françaises respectent déjà, et « sans aucun changement nécessaire » le critère de diversification des cultures tel qu’il est décrit dans la proposition de la Commission européenne pour la future Pac. Telles est l’une des principales conclusions d’une étude commanditée par le ministère de l’Ecologie et publiée cette semaine par le Commissariat général au développement durable. Ces travaux dressent un état des lieux de la diversification des cultures en France. Un sujet d’actualité, à la fois parce qu’il figure dans les propositions de verdissement du premier pilier de la Pac mais aussi parce que l’étude Ecophyto R&D de l’Inra a montré que les rotations et leur diversité sont l’un des principaux leviers pour réduire de 50 % l’usage de produits phytosanitaires d’ici à 2018.

Quelques rotations dominent
À partir des déclarations Pac entre 2006 et 2009, des chercheurs de l’Inra, de l’unité mixte de recherche « agrosystèmes et agricultures, gestion des ressources, innovations et ruralités » (UMR Agir) et de l’unité de service de l’Observatoire du développement rural (US-ODR) ont donc analysé le profil de la France. Bilan : en moyenne sur cette période, céréales et maïs dominent largement et représentent 60 % des surfaces. Ensuite, les assolements sont plutôt diversifiés : 47 % des exploitations ont un assolement qui compte au moins 4 cultures. Mais leur analyse dans le temps montre deux choses : d’un côté, les successions pluriannuelles de cultures (appelées séquences) sont extrêmement variées : 8 000 séquences différentes sont dénombrées. Mais de l’autre, 250 d’entre elles sont très répandues et décrivent plus de la moitié des surfaces cultivées françaises. Parmi les séquences répandues, la rotation colza blé tendre orge, la plus pratiquée, explique 9 % de la sole cultivée, la monoculture de maïs 6% et les rotations courtes 5%.
Leur panorama montre aussi la répartition géographique des cultures « minoritaires », en reconnaissant que seuls des niveaux de production suffisants, à l’échelle locale, permettent aux filières de se créer. L’accompagnement vers la diversification mériterait d’être étudié dans le cadre de a réforme du 2e pilier de la Pac, suggèrent les auteurs.

Analyse des mesures actuelles et futures de la Pac
La Pac actuelle comporte des mesures de diversification : la conditionnalité des aides Pac comporte une norme de diversité des assolements et il existe un soutien spécifique dans le premier pilier à travers l’article 68. Mais seule la mesure agroenvironnementale rotationnelle, dans le 2e pilier, donc, permet d’encourager une diversification à la fois dans l’espace et le temps, notent les auteurs. L’actuelle proposition de la Commission, dans le cadre du « verdissement », « n’intègre pas de critère de succession des cultures », selon ce rapport. Et d’ajouter : « La Commission européenne est consciente que cette proposition n’apportera pas le même bénéfice agroenvironnemental qu’une véritable mesure en faveur de la rotation, mais elle met en avant le cadre annuel du 1er pilier de la Pac et renvoie au 2e pilier pour des mesures plus exigeantes. »
Leur analyse montre que plus de 75 % des exploitations respectent le critère de diversification proposé dans le cadre du verdissement. Du côté des 25% qui ne rentrent pas dans le cadre proposé, 14% des exploitations ne respectent pas les trois cultures différentes et 9% présentent bien trois cultures, mais ne respectent pas les seuils maximal et minimal de 70% et 5% (voir encadré).

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