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Analyse La durabilité des petites exploitations agricoles reste limitée

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Une enquête menée par l’Inra sur des données allant de 2000 à 2007 montre que la capacité de résistance des petites fermes demeure limitée. Notamment parce qu’elles optent finalement assez peu souvent pour des stratégies alternatives de développement.

«En sept ans, de 2000 à 2007, 37 % des petites exploitations sont sorties de l’agriculture »… Des arrêts « massifs », donc, comme l’a souligné Philippe Perrier-Cornet, directeur de recherche à l’Inra, le 31 mai. Dans le cadre d’un séminaire organisé à Montreuil par le ministère de l’Agriculture, il présentait une enquête sur les spécificités et les perspectives des petites exploitations agricoles françaises. Qu’en ressort-il ? « La principale tendance reste la sortie de l’agriculture », a expliqué Magali Aubert, ingénieur à l’Inra et co-auteur de l’étude, constatant que « le mouvement ne se tarit pas ». Deux sources alimentent le stock de ces petites fermes : les exploitations professionnelles de plus grande taille en déclin d’une part, l’arrivée de nouveaux pluriactifs qui font le choix de se « professionnaliser » d’autre part.

Pas plus de stratégies alternatives
Contrairement à des idées préconçues, les petites exploitations se différencient finalement assez peu des autres. Elles ne développent pas davantage de stratégies alternatives et ne diversifient pas plus souvent leurs activités. La pluriactivité y est également moins répandue qu’ailleurs. Pourtant, « ce sont les exploitations dont la production est standard qui sont les plus enclines à disparaître », relève Magali Aubert. Les fermes sous signe de qualité enregistrent ainsi des niveaux de croissance supérieurs aux autres. « L’emploi baisse moins dans ces fermes qui sont pérennes », précise la spécialiste. Les exploitations qui ont su développer un complément de revenu non agricole entre 2000 et 2007 s’en sortent également mieux. « On observe un transfert des capacités de l’extérieur vers l’intérieur de la ferme », indique Magali Aubert. L’implantation géographique ne doit pas non plus être négligée. Mais là aussi, attention aux préjugés : « Contrairement à ce que nous pensions, la localisation dans les zones à faible rente foncière est un facteur beaucoup plus important de leur durabilité que la proximité des zones urbaines », souligne l’ingénieur. Dans 20 départements faisant un arc de cercle des Pyrénées aux Alpes du Sud et englobant le Massif central, elles ont ainsi un poids économique important.

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