Quel est le rôle de l'accès aux services et à l'emploi, sur la démographie, la dépendance ou l'autonomie des territoires ? L'Insee, l'Inra et le ministère de l'Agriculture ont tenté de répondre à cette question. 1745 "bassins de vie", en dehors des grandes agglomérations, ont été délimités dans le cadre de travaux menés conjointement par ces organismes. Depuis les années 60, l'exode rural a joué un rôle important sur la baisse de dynamique démographique et économique des campagnes. De nombreux bassins de vie sont aujourd'hui "dépendants" de plus grands pôles urbains. Mais cela n'implique pas toujours un déclin démographique.
Quel est le lien entre la démographie d'un territoire et sa localisation ? Dans quelle mesure un territoire se retrouve dépendant ou autonome par rapport à un autre ? L'institut national de la recherche agronomique (Inra), le ministère de l'Agriculture, l'Institut français de l'environnement (Ifen) et l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) ont tenté de répondre à ces questions, à travers l'élaboration d'un maillage géographique du territoire français. 1745 territoires, appelés "bassins de vie", ont été définis. Dans chacun, doit s'accomplir la majorité des actes "courants", c'est-à-dire les accès aux services privés ou publics fréquentés assez souvent et l'accès à l'emploi. Volontairement, 171 agglomérations de plus de 30 000 habitants ont été écartées de l'étude, car "ne se prêtant pas à un zonage et se recouvrant trop fortement".
Le déclin démographique lié à l'éloignement des métropoles
L'étude a montré une forte dépendance entre la démographie et la localisation des bassins de vie. La démographie au sein des bourgs et petites villes, a par ailleurs marqué depuis les années 60 une nette évolution. Les territoires les plus en croissance représentent en 1999 41 % de la population, contre 30 % en 1962. Ces bassins de vie sont situés majoritairement aux abords des principales métropoles et dans le sud-est du pays. À l'inverse, les territoires en déclin démographique, se caractérisent par un éloignement important des métropoles. Ils représentent 32 % de la population en 1999 contre 42 % en 1962.
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Dépendance ou autonomie des bassins de vie
Certains bassins de vie peuvent être qualifiés de "dépendants", car ne comportant pas un nombre suffisant d'équipements ou d'emplois pour répondre aux besoins de leurs habitants. Ils sont dépendants des grandes agglomérations dont ils sont proches, pour l'emploi et pour les services. Cependant, l'étude a montré que cette dépendance n'est pas synonyme systématiquement de déclin démographique, comme l'atteste leur croissance récente, de +0,81 % en moyenne par an entre 1990 et 1999. Les bassins de vie appuyés sur les petites villes les plus peuplées sont au contraire les plus autonomes y compris lorsque ces villes et bassins sont immergés en plein milieu rural. Dans ce cas pourtant, même si l'ensemble du bassin a une certaine autonomie, l'accès aux équipements est plus difficile pour les habitants des communes périphériques éloignées du pôle, où sont concentrés équipements et emplois.