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Sécurité alimentaire La faim, un problème de revenus plus que de prix, selon l’OCDE

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Le défi représenté par l’éradication de la faim au plan mondial tient davantage à l’augmentation des revenus des ménages les plus pauvres qu’au prix des produits alimentaires, affirme une étude l’OCDE.

Le problème de la faim a été accentué par le prix élevé des denrées alimentaires, mais il ressort de données récentes que si de nombreux ménages ont incontestablement connu de grandes difficultés, « les pires craintes ne se sont pas concrétisées », constate un rapport que vient de publier l’OCDE sur le thème : « Sécurité alimentaire mondiale - Défis pour le système agricole et agro-alimentaire ». Cela tient, estiment, les auteurs, à la « progression robuste » des revenus dans de nombreux pays en développement, dont la Chine et l’Inde.
 
« Tout le monde peut bénéficier d’une protection »
La pauvreté et l’insuffisance des revenus demeurent les « causes essentielles » de l’insécurité alimentaire, affirme l’étude de l’OCDE, ajoutant que, globalement, il y a suffisamment de nourriture disponible, mais « beaucoup de gens sont trop pauvres pour l’acheter ». La réduction durable de la faim dans le monde passe donc par une augmentation généralisée des revenus. Des politiques et des investissements favorisant une telle augmentation devraient rendre moins nécessaires les mesures de court terme destinées à remédier aux conséquences du faible niveau des revenus, mais qui ne s’attaquent pas à ses causes sous-jacentes.
Or, « tout le monde peut bénéficier d’une protection », assurent les auteurs. « Si les gens n’ont pas les moyens financiers de s’alimenter, les autorités nationales peuvent mettre en place un dispositif de protection sociale et des programmes de nutrition ». Si les États ne disposent pas des ressources nécessaires, la communauté internationale peut combler le déficit de financement. D’ailleurs, la FAO et l’Équipe spéciale de haut niveau des Nations Unies ont proposé une démarche en deux temps : une réponse immédiate aux besoins des populations vulnérables, associée à un engagement sur des stratégies à long terme visant à résoudre le problème chronique de la sous-alimentation et à renforcer la résilience aux chocs.
 
Le rôle essentiel du développement agricole
Bien entendu, le développement agricole a un rôle essentiel à jouer pour produire les revenus nécessaires à l’instauration de la sécurité alimentaire, surtout dans les pays les plus pauvres, poursuit l’étude de l’OCDE.
À l’échelle mondiale, les deux tiers environ des pauvres vivent en milieu rural, où l’agriculture est le secteur dominant. Cette activité étant essentiellement conduite par de petits exploitants, « la priorité consiste à relever leurs revenus », ce qui peut être fait directement, via l’augmentation des revenus agricoles, et indirectement, par la création d’emplois non agricoles et la diversification des économies rurales.
Les stratégies publiques doivent donc appuyer ces deux méthodes de développement.

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