La FAO propose la mise en place de satellites de communication, d’un réseau informatique et de détecteurs appliqués sur le dos des oiseaux afin de pouvoir suivre en temps réel les mouvements des oiseaux sauvages lors de leurs migrations annuelles.
Selon la FAO, ce plan de 6,8 millions de dollars pourrait fournir un système d’alerte rapide crucial pour le virus hautement pathogène de l’influenza aviaire. En déployant sur le terrain des équipes nationales et internationales de vétérinaires et d’experts de la faune avicole sauvage, la FAO estime que ce plan comblerait en outre une lacune en matière de connaissances scientifiques sur la migration des oiseaux sauvages porteurs de la grippe aviaire, principalement des oiseaux aquatiques et limicoles. « Nous avons seulement un instantané, alors que nous avons besoin de voir le film dans son intégralité », explique Joseph Domenech, vétérinaire en chef à la FAO.
Le plan prévoit la capture de milliers d’oiseaux sauvages avant leur migration, le dépistage des maladies sur des oiseaux échantillons, et l’équipement de certains d’entre eux avec de minuscules appareils télémétriques sophistiqués, des détecteurs pesant moins de 50 grammes. Une fois les oiseaux relâchés, les appareils suivraient à la trace chacun de leurs mouvements.
Un système de balises radio et de satellites transmettrait ensuite les données aux ordinateurs des ornithologues, écologistes, virologues et épidémiologistes du monde entier.
Ce projet va dans le sens des recommandations émises lors de la conférence scientifique internationale sur la grippe aviaire et les oiseaux sauvages qui s’est déroulée fin mai à Rome Voir n° 3059 du 05/06/06. La conférence, à laquelle ont participé quelque 300 scientifiques de plus de 100 pays, a été organisée par la FAO et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).
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Les conférenciers ont conclu que les oiseaux sauvages jouaient un rôle dans la propagation du virus HPAI sur de longues distances, mais que les activités humaines, comme l’élevage des volailles et leur commerce, sont les principales causes de la propagation de la maladie.
Cependant, il est vital, selon eux, de mieux comprendre les migrations des oiseaux sauvages et les risques associés à la propagation du virus.
Les données obtenues informeront les scientifiques des allées et venues des oiseaux migrateurs lorsqu’ils font des haltes pour se reposer au cours de leurs longs périples. Des équipes mobiles, basées sur le terrain, testeraient à nouveau les oiseaux choisis comme échantillons. Ils pourraient ainsi, en cas de réaction positive, comprendre rapidement où l’infection s’est produite et où elle risque de se diriger par la suite.