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Climat La FAO plaide pour une « agriculture intelligente »

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« Il est à craindre à juste titre que la dépendance actuelle du secteur de l’alimentation à l’égard des combustibles fossiles puisse limiter sa capacité à répondre aux besoins alimentaires mondiaux. Le défi consiste à découpler les prix alimentaires et les fluctuations à la hausse des prix des combustibles fossiles », selon un rapport publié par la FAO dans le cadre de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui s’est ouverte le 28 novembre à Durban (Afrique du Sud) pour 12 jours, avec pour objectif la relance de négociations à la peine et l’esquisse d’un avenir pour le protocole de Kyoto.

Les prix élevés et fluctuants des combustibles fossiles et les doutes quant à leur disponibilité future montrent que les systèmes agroalimentaires devraient passer à un modèle intelligent de consommation d’énergie, souligne le rapport de la FAO. Le secteur de l’alimentation nécessite de l’énergie et peut produire de l’énergie. Aussi une approche intelligente de l’agriculture dans ce domaine offre-t-elle un moyen de mieux profiter de cette double relation.
Le secteur de l’alimentation – notamment la fabrication, la production, la transformation, le transport, la commercialisation et la consommation – représente en termes d’énergie quelque 95 exa-joules (10 joules à la puissance 18), selon le rapport, soit environ 30 % de la consommation de l’énergie mondiale, et il produit plus de 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
L’utilisation directe de l’énergie dans les exploitations agricoles s’élève à environ 6 exa-joules par an (dont un peu plus de la moitié dans les pays de l’OCDE), hors labeur humain et traction animale.

Nouvelle approche

Des gains d’efficience peuvent souvent être obtenus en modifiant à coût zéro ou à très faible coût les pratiques agricoles et de transformation existantes, affirme la FAO. Les mesures qui peuvent être prises au niveau des exploitations incluent l’utilisation de moteurs plus économes en carburant, l’utilisation du compost et des engrais de précision, le monitorage de l’irrigation et la distribution ciblée de l’eau, l’adoption de pratiques agricoles sans labour et l’utilisation de variétés végétales et animales moins dépendantes des intrants.
Une fois que les denrées alimentaires ont été récoltées, l’amélioration du transport et des infrastructures, une meilleure isolation des installations de stockage, la réduction des emballages et du gaspillage alimentaire (1) et des appareils de cuisson plus efficaces offrent la possibilité de réduire encore davantage la consommation d’énergie dans le secteur alimentaire.
Si l’on additionne les pertes au niveau de la ferme aux pertes post-récolte, environ un tiers de tous les aliments produits – et l’énergie qui a été dépensée – est perdu ou gaspillé, note le rapport.
Enfin, la FAO souligne que « l’utilisation des ressources d’énergie renouvelable locales tout au long de la chaîne alimentaire peut contribuer à améliorer l’accès à l’énergie et à diversifier les revenus tirés de l’agriculture et de la transformation des aliments. Cela permet aussi d’éviter l’élimination des déchets, de réduire la dépendance à l’égard des combustibles fossiles, d’abaisser les émissions de gaz à effet de serre et de hâter, au bout du compte, l’avènement des objectifs du développement durable ».
Là où elles abondent, les ressources d’énergie solaire, éolienne, hydroélectrique, géothermique ou la biomasse doivent être utilisées comme substituts des combustibles fossiles dans l’agriculture et l’aquaculture, précise le rapport, ajoutant que ces ressources peuvent également être utilisées pour le stockage et la transformation des aliments.

(1) Voir même numéro

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