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Développement/Produits laiters La Ferme des Peupliers : un yaourt artisanal habitué des palaces

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Rachetée en 2007 par François Chedru, la Ferme des Peupliers valorise sa propre production de lait pour fabriquer des yaourts de manière artisanale, plutôt positionnés sur le haut de gamme. La société familiale qui a investi près de 5 millions d’euros depuis le rachat a d’autres projets de développement dans ses cartons.

Vétérinaire de formation, François Chedru a racheté la Ferme des Peupliers en 2007, située à Flipou, dans l'Eure. Une fois revendue son entreprise d’alimentation pour bétail, la société Dielna, au groupe Avril en 2012, il s’est entièrement consacré au développement de cette entreprise atypique, avec ses deux fils. Après avoir redimensionné la structure agricole et le troupeau dans un premier temps, 3,2 millions d’euros ont ensuite été consacrés à la remise à neuf et aux normes de l’atelier de fabrication « tout en gardant l’esprit des recettes artisanales », souligne François Chedru, une façon de faire à laquelle il est très attaché. Tout le fondement du savoir-faire de la Ferme des Peupliers repose sur quatre piliers indissociables : culture, troupeau, transformation et commercial. « Au départ, nous partons de ce que nous voulons faire comme produit, puis comment nous allons le transformer, et donc quel type de lait est nécessaire et quel type de fourrage il faut donner au bétail pour y arriver ». Une façon de faire qui oriente beaucoup de choses selon lui, si ce n’est l’essentiel de la spécificité des produits de la Ferme des Peupliers.

La société compte près de 35 personnes au total, dont 23 sur l’atelier de fabrication, 6 en élevage et 3 sur les terres agricoles. "À l’heure où l’on parle circuits courts, la société n’a jamais fonctionné autrement", rappelle François Chedru. Nourries de fourrage " fait maison", les 180 vaches laitières produisent environ 1,7 million de litres de lait par an, dont 1,2 million est transformé en 11 millions de pots de yaourts et desserts lactés. Le lait qui passe rapidement de la traite à l’atelier de fabrication conserve ainsi toutes ses propriétés. Une façon de travailler qui fait toute la spécificité du produit. Initialement vendus sur les marchés et les crémeries, ces yaourts et desserts lactés trouvent ainsi leur place dans les grands palaces parisiens et l’hôtellerie haut de gamme. Les produits de la Ferme des Peupliers sont aussi référencés chez Grand Frais et « pour exister dans le monde rural, la société a aussi ouvert sa production aux petites et moyennes surfaces de proximité, mais nous ne sommes pas en hypermarchés, qui ne répondent pas à notre vision des choses », précise le dirigeant. Son activité lui permet une valorisation du lait bien loin de celle des producteurs laitiers traditionnels. François Chedru parle de 420 à 450 euros les 1000 litres, un niveau proche des éleveurs en production bio.

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François Chedru a d’autres projets de développement en vue. Aujourd’hui, la société vend ses excédents de lait, mais n’exclut pas à terme de transformer tout ce qu’elle produit. En attendant, "il faut digérer les investissements, souligne le fondateur de l’entreprise. Notre business plan n’est pas d’augmenter la taille du troupeau. Tout se fait tranquillement à la Ferme des Peupliers qui est toujours dans une dynamique de recrutements ce qui participe à maintenir de l’activité dans les zones rurales difficiles". Au final, entre 4,7 et 4,8 millions d’euros ont été investis dans la Ferme des Peupliers depuis 2007. Des investissements autofinancés pour les deux tiers environ et pour le reste financés par deux partenaires historiques que sont le Crédit Agricole et BPIfrance, ainsi que la région et le département "qui ont toujours été à nos côtés", souligne encore le dirigeant. En 2016, la société compte réaliser un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros, en hausse de 12 % sur 2015, avec une marge d’exploitation de 1,5 %.