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Colloque Unifa et Farre La fertilisation azotée sur la voie d’une meilleure utilisation

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En vingt ans, l’utilisation d’azote enregistre une baisse de 24 %, alors que la production des grandes cultures affiche une croissance de 30 %. Une meilleure efficacité des apports soulignée lors d’un colloque Unifa et Farre le 22 octobre. Les participants ont mis en avant l’évolution des pratiques et les possibilités d’amélioration.

«Fabricants, distributeurs d’engrais, constructeurs : unissez-vous ! », a lancé l’ingénieur général Philippe Balny au colloque Unifa (Union des industries de la fertilisation) et Farre (Forum de l’agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement) le 22 octobre. « Il est possible d’accélérer la tendance à la baisse de consommation d’azote », selon le coordinateur d’une toute récente mission interministérielle visant une « meilleure utilisation » de cet engrais. En vingt ans, l’efficacité des apports progresse de moitié. L’utilisation d’azote enregistre -24 %, alors que la production des grandes cultures affiche +30 %. « D’importantes économies d’azote minéral restent à venir », a insisté Philippe Balny, pour qui la démarche est « gagnant/gagnant » avec, à la clé, un meilleur revenu et un gain pour l’environnement. Un intérêt bien compris par les constructeurs : le président d’Axema Patrick Pérard a d’ailleurs mis en avant sa certification Eco-épandage. Côté Unifa, douze engagements dans le développement durable visent par exemple à informer et mieux former les agriculteurs à la fertilisation raisonnée, pour réaliser des économies d’engrais.
 
« Réduire arbitrairement ? C’est non »
« À entendre les politiques, moins il y a d’apports, mieux c’est, a regretté le président de ValFrance Christophe Grison, également président de Farre. Nous préférons l’idée d’une utilisation mesurée. » Sa coopérative mène des partenariats avec Lu et McDonald’s. Des cahiers des charges sont mis au point avec les agriculteurs, l’industriel, le restaurateur. « On discute sur les produits phytosanitaires, les plans de fumure, a-t-il expliqué. Réduire arbitrairement l’azote ? C’est non. » Chez ValFrance, 210 agriculteurs sont certifiés Agriculture raisonnée, représentant 27 % de la collecte. Ils sont sensibilisés à la question de l’azote, notamment par l’introduction de couverts végétaux. Une offre de services leur est proposée pour une fumure maîtrisée. « Les mentalités évoluent », a souligné Christophe Grison.
 
Apporter d’une autre façon
Autre exemple donné par le rapporteur du projet de loi pour l’avenir de l’agriculture Germinal Peiro. Plus de 200 fermes de sa circonscription de Sarlat (Dordogne) se sont engagées dans la limitation des apports d’engrais minéraux. « Les exploitants sont revenus aux méthodes agronomiques d’avant les années 60, avec introduction des légumineuses dans les rotations, a-t-il signalé. C’est dans ce sens qu’il faut travailler. L’azote peut être apporté d’une autre façon. »

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