La Cour de Luxembourg a mis un point final au conflit entre la Grèce et plusieurs autres Etats membres sur la feta, le 25 octobre. Les dizaines de milliers de tonnes de feta produites hors de Grèce devront donc s’habituer durablement à une autre étiquette. Pour le plus grand bénéfice des importateurs de feta grecque.
La Cour de justice européenne (CJE) a tranché, le 25 octobre, en faveur de la Grèce dans le différend qui oppose depuis des années ce pays à la France, l’Allemagne, le Danemark et la Grande-Bretagne. Les industriels de ces pays ont définitivement perdu le mot feta dont ils ont pourtant fait la réputation. La feta « n’est pas un nom générique », a estimé le juge européen suivant ainsi les conclusions de l’avocat général Damaso Ruiz-Jarabo, du 10 mai dernier Voir Agra alimentation n°1883 du 12 mai 2005.
Condition naturelles homogènes
Les quatre pays plaignants contestaient la décision de la Commission européenne d’enregistrer la feta comme appellation d’origine protégée pour ce fromage blanc en saumure provenant de Grèce. Il est issu de facteurs naturels et humains particuliers, tranche la CJE, lui donnant ainsi raison. Et de souligner que ces conditions spécifiques ne couvrent pas l’ensemble du territoire grec mais les régions de Macédoine, de Thrace, d’Epire, de Thessalie, de Grèce centrale, le Péloponnèse et l’île de Lesbos.
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Défaite des industriels
Plus qu’une victoire de la Grèce, c’est une défaite des industriels qui ne sont pas parvenus à prouver l’absence de caractère hellénique du produit. « La feta est régulièrement commercialisée avec des étiquettes renvoyant aux traditions culturelles et à la civilisation grecque », fait remarquer la CJE, dans son arrêt. « Les consommateurs dans ces Etats membres perçoivent la feta comme un fromage associé à la Grèce, même si en réalité il a été produit dans un autre Etat membre », ajoute la chambre. Autre facteur aggravant : la feta est essentiellement consommée en Grèce, à 85%, selon les chiffres de la CJE.