En dépit d’une consommation qui stagne, les raisons d’espérer sont bien là. L’interprofession pourrait même se relancer.
À l’occasion de sa conférence annuelle le 21 juin, la Fict a mis en avant des résultats 2016 du secteur qui attestent d’une montée en gamme des produits de la charcuterie industrielle. « Le chiffre d’affaires s’établit à 6,4 milliards d’euros, en légère hausse à +0,2 %, mais les volumes reculent à -1,3 % », souligne Robert Volut, le président de la Fict. Les Français achètent moins souvent des charcuteries, et en moins grande quantité. La consommation à domicile baisse par exemple de 0,5 %.
« On est victime des campagnes anti-viande menées depuis ces dernières années », explique le président, dont le secteur se heurte aussi depuis ces derniers mois à « un refus de la grande distribution de réactiver la clause de renégociation » dans le cadre des relations commerciales fournisseurs – distributeurs.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Pourtant, les raisons d’espérer existent : les consommateurs préfèrent les produits qualitatifs ou porteurs d’un label. « Les produits avec moins de sel, issus de filières responsables, porteur d’un label IGP, label rouge ou biologique sont tous en progression », se réjouit Robert Volut. Les ventes de charcuteries IGP ont ainsi progressé de 20 % en deux ans, et le label rouge remonte aussi, après une période de régression. Autre raison d’espérer : les jeunes. La Fict a fait réaliser une étude qui sonde les attentes de 18-35 ans. Ils aiment la charcuterie, le traditionnel saucisson sec ou bien à partir de volaille, plutôt à l’apéritif et attestent qu’ils vont augmenter leur consommation.
Enfin, les choses pourraient bientôt changer au niveau de l’interprofession. Alors que celle-ci est au point mort depuis plusieurs années, Robert Volut estime que « les différentes composantes de la filière doivent à nouveau travailler ensemble sur des questions précises, comme les attentes des consommateurs. » Selon lui, « il y a un grand nombre de sujets qui nécessitent de réactiver l’interprofession tels que l’environnement, le bien-être animal, la santé, la naturalité ou encore la sécurité sanitaire ». Reste à savoir si son appel sera entendu et débouchera sur une réactivation, complète ou partielle, d’une interprofession digne de ce nom.