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La Fict veut que les distributeurs prennent en compte l’envolée des cours du porc

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La flambée des cours de la viande de porc a des conséquences sur la santé des entreprises de charcuterie. La Fict demande que les négociations soient rouvertes entre industriels et distributeurs pour prendre en compte les hausses de tarif.

La flambée des cours de la viande de porc a des conséquences sur la santé des entreprises de charcuterie. La Fict demande que les négociations soient rouvertes entre industriels et distributeurs pour prendre en compte les hausses de tarif.

La peste porcine africaine (PPA) n’a pas touché les élevages français, mais les industriels hexagonaux de la charcuterie en subissent tout de même les conséquences. Car en Chine, la PPA a conduit à l’abattage de 25 % du premier cheptel du monde. La demande s’est donc reportée sur les pays producteurs indemnes comme la France. « Depuis le début du mois de mars, le kilo de viande de porc au marché de Plérin a bondi de 24 % et sur certaines pièces comme l’épaule, cette hausse atteint 30 % », détaille Bernard Vallat, le président de la Fict, le syndicat des industriels de la charcuterie.

« La profession est ébranlée par cette hausse des cours quand on sait que la matière première entre dans 50 à 60 % des coûts de production des charcuteries », souligne-t-il. Les charcutiers sont fragilisés mécaniquement car les distributeurs ne veulent pas répercuter les hausses de tarif. Surtout que la loi ne les oblige pas à rouvrir des négociations qui ont été finalisées fin février sur la base de prix du porc 2018 plutôt bas. Bernard Vallat s’est inquiété des difficultés que rencontrent certaines entreprises détentrices de savoir-faire qui pourraient disparaître.

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Les distributeurs ne sont pas obligés de rouvrir les négociations

La Fict ne ménage pourtant pas ses efforts pour obtenir un changement d’attitude des distributeurs. « Le médiateur des relations agricoles a été saisi ainsi que le ministre de l’Agriculture », annonce Bernard Vallat. Mais avec peu de résultats par l’instant. Seule évolution : la FCD a demandé début mai à ses membres de renégocier, et Intermarché, non-membre de la FCD, a annoncé qu’il allait prendre en compte la hausse de la matière première. L’enseigne "s’engage, par un processus de négociations accéléré, à accepter sans délai les hausses justifiées pour les matières premières issues de porc français", a-t-elle annoncé le 22 mai. Les premiers accords ont été signés avec Herta, Hénaff, Charcuterie Vendéenne (Jambon Petitgars), et Gérial (Jambon d’Auch).

Cet environnement délicat se double d’un marché intérieur qui reste en recul. En 2018, les achats des ménages en grandes surfaces (libre-service) ont reculé de 1,7 % en volume et de 0,8 % en valeur. Pour inverser la tendance, la Fict mène plusieurs projets afin de mieux prendre en compte les attentes des consommateurs : réduction du nombre d’additifs de moitié (attendue pour 2020), réduction du sel, montée des exigences du label Le porc français, amélioration de la recyclabilité des barquettes. La Fict a aussi lancé un programme de recherche appelé Adduit pour trouver des solutions afin de limiter les risques induits par les nitrites sur les gros consommateurs de charcuterie.