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Négociation La filière anglaise parvient à un accord sur le prix du lait

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Acculé par plusieurs baisses drastiques du prix du lait payé au producteur, les éleveurs anglais sont parvenus le 23 juillet à un accord avec leurs collecteurs. Désormais, toute dévaluation devra être précédée d’un préavis « raisonnable » et sera un motif de rupture de contrat pour le producteur. La grande distribution a de son côté annoncé des hausses de ses prix d’achat.

Tandis que les cours du lait maintiennent la pression sur les grands bassin de production, en Angleterre, la transformation et la distribution ont signé une charte de bonne conduite le 23 juillet, les obligeant à respecter un préavis « raisonnable » avant toute modification du prix du lait payé au producteur. Depuis le 11 juillet, quelques milliers d’éleveurs se sont rassemblé à plusieurs reprises pour manifester contre des baisses du prix du lait décidées unilatéralement par les plus importantes coopératives du pays : Arla Foods, First Milk, Robert Wiseman Dairies et Dairy Crest. Désormais, les éleveurs devront être prévenus avec un préavis (d’une période qui reste à définir) lorsqu’une dévaluation de prix aura lieu. Ils auront en outre la possibilité de rompre leur contrat pour trouver de meilleurs débouchés.

Un « code » toujours en négociation

Cette charte, négocié entre Jim Paice, ministre de l’Agriculture, des représentants de Dairy UK (représentant les industriels) et de la National Farmers Union (la NFU et son syndicat des éleveurs laitiers), fera encore l’objet d’ajustement jusqu’à la fin du mois d’août. Seule limite à cet accord, le code n’est adopté par les entreprises et les éleveurs que sur volontariat. Mais si la charte de bonne conduite n’est pas respectée par la filière, le gouvernement s’est engagé à inscrire les principes qu’elle apporte dans la législation britannique.

Cette mesure « donne de l’espoir mais ne résout pas la crise »

De son côté, Peter Kendall, président de la NFU, estime que ce projet « donne de l’espoir pour le long terme mais ne résout pas la crise actuelle ». Le syndicat entend « concentrer à 100 % ses efforts dans les jours à venir à faire annuler les baisses des prix d’achat du lait imposés en début d’année et à faire repousser celles décidées pour le 1er août ». Malgré la mise en place de la charte de bonne conduite, 250 éleveurs laitiers ont d’ailleurs bloqué le 25 juillet deux usines de transformation de la coopérative Dairy Crest pour faire annuler ces fameuses baisses. Le 26 juillet, la coopérative First Milk a, elle, accepté de renoncer à la réduction des prix prévu au 1er août.

La distribution relève ses prix d’achats

La grande distribution a par ailleurs rencontré le ministre de l’Agriculture le 26 juillet. Au cours d’une série de réunions bilatérales, Jim Paice aurait discuté des mécanismes de fixation des prix avec ses interlocuteurs. Le ministre a également annoncé vouloir réfléchir à la mise en place d’un système de surveillance de la distribution, afin de sanctionner les enseignes qui traiteraient injustement les éleveurs laitiers. Les 23 et 24 juillet, les magasins Aldi et Asda ont de leur côté annoncé une augmentation de la rémunération de leur fournisseur de 2 pence par litre de lait à partir du 1er août. Quelques jours plus tôt déjà, Co-operative annonçait une hausse de prix immédiate de 2,57 pence par litre, suivi d’une autre hausse de 4,27 pences en août.

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