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Aviculture La filière avicole se porte mieux, mais un coup de jeune est nécessaire

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Les marges de la filière agricole se sont consolidées en 2010-2011, malgré le coût alimentaire élevé. Les résultats de la 30e enquête avicole Grand Ouest, présentés à la Maison de l’agriculture de Rennes le 18 novembre, ont révélé une filière qui se trouve dans une conjoncture meilleure, mais qui nécessitera une restructuration dans un futur proche.

Les résultats de l’enquête avicole Grand Ouest 2010/2011 sont positifs pour la filière. L’enquête a été réalisée dans 5 régions, 21 départements et avec 600 aviculteurs. Leur présentation à la Maison de l’agriculture de Rennes, le 18 novembre, a aussi été l’occasion de rappeler que ces résultats sont globaux (poulet standard, poulet export, dinde). Les marges brutes se sont consolidées grâce à des performances techniques qui se sont développées et améliorées. « Les innovations en alimentation animale et en génétique ont permis aux élevages d’être plus performants », a expliqué Elodie Dezat, conseillère avicole du Pôle Recherche Appliquée de Bretagne. Par ailleurs, la filière a été peu touchée par la hausse du coût de l’aliment, ce qui n’était pas le cas dans d’autres filières. « Les augmentations du prix des matières premières sont bien passées auprès de la grande distribution pour la filière avicole », a-t-elle poursuivi.

La filière a besoin de renouveau
La filière avicole française reste cependant mobilisée : une restructuration en profondeur est nécessaire. « Les éleveurs ne gagnent leur vie qu’avec des bâtiments amortis », a souligné Didier Goubil, président du pôle avicole des Chambres d’agriculture de Bretagne. Selon les résultats de l’enquête avicole 2010-2011, 90% des poulaillers ont plus de 10 ans en 2010 contre 60% en 2000. Le parc de bâtiments continue de vieillir. « Le renouvellement d’au moins 10% du parc serait nécessaire », a précisé Elodie Dezat.
Par ailleurs, 41% des aviculteurs ont plus de 50 ans en 2010. Les résultats de l’enquête avicole 2010-2011 précisent qu’en 2000, les plus de 50 ans ne représentaient que 19% des aviculteurs. La population des aviculteurs vieillit et la relève n’est pas forcément au rendez-vous. « Il y a un déficit d’images positives de la profession », a souligné Elodie Dezat. En 2010, les jeunes de 20 à 30 ans représentent 3,2% des aviculteurs.

La restructuration est déjà en cours
« Des aides sont proposées par les régions ou par les groupes pour le renouvellement ou la rénovation du parc de bâtiments », a assuré Elodie Dezat. En 2010, les rénovations de bâtiments ont concerné les installations de chauffage, de régulation et de ventilation. Globalement, le montant moyen des investissements est de 11 520 euros par bâtiment. Outre la rénovation des bâtiments, l’enquête montre aussi que 3,5% des bâtiments ont moins de 5 ans. « C’est encore peu, mais c’est quand même un signe positif », a ajouté Elodie Dezat. Par ailleurs dans le cadre du plan de revitalisation de la filière dinde, les groupes volaillers régionaux et les collectivités régionales sont sollicités pour soutenir l’installation des jeunes.

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