La Fnab, Coop de France et les chambres d'agriculture s'accordent contre l'interdiction de la mixité – surfaces bio et conventionnelles sur une même exploitation agricole – proposée par la Commission européenne, à l'occasion de la révision de la réglementation Bio.
LORS de l'assemblée générale du Synabio, le 25 septembre à Paris, les différents acteurs de la filière bio française ont livré leurs avis sur la proposition de révision de la réglementation du secteur bio, adoptée le 24 mars par la Commission européenne. Bruxelles souhaite notamment interdire les exploitations agricoles dites mixtes, où l'on cultive à la fois des cultures bio et conventionnelles. La Fnab, Coop de France et l'APCA s'y opposent. « 25% des exploitations sont mixtes. Ce serait un mauvais signal donné pour les futures conversions », estime Christophe Lecuyer, président de la commission filières biologiques à Coop de France. « Il y a beaucoup d'exploitation contraintes à la mixité. Avec l'interdiction de la mixité, nous perdrions des producteurs », étaye Etienne Gangneron, administrateur de l'APCA. « Nous ne sommes pas d'accord avec l'interdiction, mais sur le pourquoi. La Commission considère qu'il y a un risque à la non-mixité », explique en revanche Juliette Leroux, chargée de la réglementation à la Fédération des agriculteurs bio (Fnab). « Nous sommes pour l'interdiction de la mixité à terme, mais cette proposition est impossible à appliquer ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
La Commission propose également de créer des seuils de déclassement des produits, c'est-à-dire, d'établir pour les produits finis des teneurs maximales en résidus de molécules interdites en agriculture biologique. En somme, de créer un objectif de résultat, alors que la réglementation bio se repose aujourd'hui sur des objectifs de moyens. Coop de France s'est positionné contre l'établissement de tels seuils. « Comment communiquerait-on dessus ? », s'interroge Christophe Lecuyer. Le Synabio s'est montré moins catégorique : « fixer des seuils tout de suite, c'est ambitieux parce que complexe, mais c'est une demande des consommateurs », a expliqué Jean-Marc Lévêque, vice-président du Synabio.