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La filière bio : retard au décollage

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> L’agence bio a présenté lors du salon de l’agriculture des chiffres encore décevants : 2003 a été une année de transition. Le problème d’adéquation entre offre et demande reste entier, l’offre française est importante, la demande de la part des consommateurs est importante, mais elles ne se rencontrent pas toujours et des surproductions demeurent.

L’agriculture biologique a dévoilé des chiffres 2003 mitigés. Elle a atteint un palier alors que ses représentants attendent d’elle qu’elle décolle. Les superficies cultivées en bio ont augmenté de 6 %, mais les surfaces en conversion sont en baisse. Le cheptel bovin poursuit sa croissance en 2003, avec une augmentation de 6 % à 113 000 vaches : 59 000 vaches laitières (+ 7 %) et plus de 54 000 vaches allaitantes (+ 5 %). Le cheptel ovin a quant à lui progressé de 6 % pour atteindre les 116 000 têtes alors que le cheptel caprin se stabilise à 19 500 animaux.

La production de poulets de chair progresse, de façon inattendue, de 5 % pour atteindre 5 140 000 poulets alors que le nombre de poules pondeuses se stabilise à près de 1 310 000 têtes. Enfin, le nombre d’entreprises de transformation diminue, à 4 861, du fait de nombreuses concentrations. En conséquence, la taille de ces entreprises tend à augmenter.

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Faire connaître tous les produits bio

Les importations continuent à prendre de la place en France, à cause d’une inadéquation entre offre et demande en produits biologiques. La filière continue à chercher les moyens de les faire se concilier. Dans le panier de la ménagère friande de bio, les produits laitiers caracolent en tête : 74 % des consommateurs de bio en achètent, pour 70 % des fruits et 65 % des œufs. Les produits laitiers mènent le bal, et le doivent principalement au lait, qui recueille 70 % de ces achats. Alors que la consommation globale de lait a baissé de 2 %, le lait bio a lui continué à augmenter, de 5,7 %. Ces chiffres doivent être pondérés par les volumes bien supérieurs du lait ordinaire, qui représente encore 96 % du lait de consommation total, les 4 % restants étant occupés par le lait bio. Cette année, un tiers du lait collecté en bio a été déclassé et la profession veut voir augmenter la consommation de produits laitiers autres que le lait. Comme les autres filières biologiques, elle profitera du printemps du bio pour faire connaître ses différents produits aux consommateurs.

Le bilan 2003 est plus mitigé que négatif, mais face à une demande forte de la part des consommateurs et à la très bonne image du bio, la filière française, aux dires de ses représentants, devrait pouvoir faire mieux.