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Biocarburants La filière biocarburants demande des précisions sur les critères de durabilité

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Les organisations agricoles de l’UE demandent que certaines céréales, oubliées par la Commission européenne, soient incluses dans le système de certification prévu pour les biocarburants. Les producteurs de biodiesel réclament, de leur côté, des règles de calcul cohérentes pour les biocarburants et les carburants d’origine fossile en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre.

Après la présentation le 10 juin, par la Commission de Bruxelles, du système de certification des biocarburants (1), les organisations professionnelles et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) « exhortent » maintenant les Etats membres à « mettre intégralement en œuvre » la directive communautaire sur les énergies renouvelables, « en respectant les critères de durabilité ».
Dans une lettre aux services européens, elles constatent toutefois que, si des valeurs par défaut ont été fixées pour calculer l’impact sur les émissions de gaz à effet de serre du bioéthanol produit à partir de la betterave sucrière, du blé et du maïs, tel n’est pas le cas jusqu’à présent pour d’autres matières premières pourtant utilisées dans l’UE pour la fabrication de ce biocarburants : seigle (600 000 tonnes), orge, triticale (200 000 tonnes) et avoine. « Si cela n’était pas fait avant l’entrée en vigueur de la directive, ces matières premières ne pourraient plus être employées pour la production de bioéthanol », avertit le Copa-Cogeca, rappelant que, pour la campagne 2010/11, les experts de la Commission « évaluent la quantité de céréales destinée au bioéthanol à 9,5 millions de tonnes dont le seigle, l’orge, le triticale et l’avoine représenteraient environ 10 % ».

Les mêmes règles pour les carburants concurrents
Tout en se félicitant de la publication des détails du système de certification des biocarburants, l’industrie européenne du biodiesel, réunie au sein de l’EBB, souligne, de son côté, qu’un « traitement cohérent des carburants fossiles et des biocarburants doit être assuré au plus vite » dans le cadre de l’application de la directive de 2009 sur la qualité des carburants. « Il ne serait pas concevable que des sources de carburants concurrentes soient soumises à des règles différentes en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre », insiste l’EBB.

Insuffisant, selon les écologistes
Vice-président du groupe des Verts au Parlement européen et rapporteur pour la directive sur les énergies renouvelables, le Luxembourgeois Claude Turmes déplore, quant à lui, que, dans le système de certification qu’elle a élaboré, la Commission de Bruxelles n’ait « fait aucun progrès pour prendre en compte les émissions de carbone liées au changement indirect d’utilisation des sols provoqué par la production d’agrocarburants ».
Selon les Verts, « si les agrocarburants consommés par les citoyens européens ne peuvent pas directement venir de territoires récemment déforestés, ils pourront cependant occuper les terres d’autres productions agricoles qui – elles – devront se déplacer dans des zones forestières ». De même, Greenpeace regrette que l’impact des biocarburants sur le changement indirect d’affectation des terres ne soit « toujours pas traité correctement ».
Si la question de la conversion des forêts tropicales en plantations de palmiers à huile a été réglée, « les lignes directrices sont encore trop laxistes pour prévenir la conversion des forêts qui ne sont pas vierges », juge l’organisation écologiste.

(1) Voir n° 3256 du 14/06/10

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