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FFCB La filière bovine ne profitera pas des opportunités du marché mondial

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La demande mondiale de produits carnés augmente de façon exponentielle mais la filière bovine française n’est pas suffisamment organisée pour en profiter. C’est le constat qui a été fait le 14 décembre lors de l’assemblée générale de la FFCB. La production serait déconnectée des besoins du marché et la transformation serait aujourd’hui incapable de valoriser ces produits.

«Il y aura une forte croissance de la consommation mondiale mais il est peu probable que l’Europe en tire profit », a alerté le 14 décembre Jean-Luc Mériaux, secrétaire général de l’UECBV (Union européenne du commerce du bétail et de la viande). Réuni à l’occasion de l’assemblée générale de la FFCB (Fédération française des commerçants en bestiaux), les acteurs de la filière bovine se sont inquiétés du manque de stratégie du secteur. « Il y a un décalage entre production et consommation », a par exemple regretté Bertrand Eon, responsable de la filière bœuf aux abattoirs Kermené, de Leclerc en Bretagne. « On n’anticipe pas l’avenir, on subit la production qui n’est guidée que par les prix. La filière bovine est une filière qui subit », a-t-il lancé. Et ce n’est pas uniquement le prix de la viande qui guide la production française, le marché du lait a lui aussi une influence conséquente. « La réforme des vaches laitières est plus dirigée par le prix du lait que par les besoins du marché de la viande », a-t-il regretté.

Quelle valorisation pour la viande bovine ?

Et la production n’est pas la seule à devoir se remettre en cause. Pour Georges-Pierre Malpel, inspecteur général du ministère de l’Agriculture, c’est au travers d’une meilleure valorisation de ses produits que l’avenir de la filière se jouera. « Nous devons nous donner les moyens de transformer la production sur place et de l’exporter ensuite. C’est le grand enjeu de la filière », a-t-il défendu. « La filière laitière l’a bien compris et est en train de se positionner pour avoir davantage d’usines en France », a d’ailleurs souligné Georges-Pierre Malpel. Bertrand Eon, lui, a une vision quelque peu différente de ce que devrait être la filière viande en France. Selon lui, l’un des handicaps majeurs du secteur serait son « excellence agricole » et ses labels de qualité. Encore une fois, pour le responsable de la filière bovine de Leclerc, la filière s’est déconnectée de la demande du marché. Pour y répondre, les producteurs de viande auraient tout intérêt à « obtenir un stéréotype d’animaux », à standardiser leur production.

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