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La filière canard à rôtir croule sous les stocks

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Les stocks de filet de canard de chair mettent en péril la filière du canard à rôtir, alerte l’interprofession. Ses acteurs veulent l’achat public, ne pouvant attendre l’ouverture du marché britannique.

Le comité interprofessionnel du canard à rôtir, le Cicar, ne voit plus que le recours à un rachat public de stocks de filet surgelés pour sauver la filière et, selon les mots de son président Guy-Marie Brochard, « ce patrimoine gastronomique qu’est le canard de Barbarie ». Ces stocks s’accumulent depuis que les autorités britanniques ont suspendu, depuis mars, les importations de viande de canards vaccinés contre l’influenza aviaire en provenance de France.

Le bulletin de conjoncture d’Anvol (interprofession des volailles de chair) présente un record de stock de viandes de canard à rôtir en juillet 2024 et une régression de 4,7 % des mises en place en juin 2024 par rapport à juin 2023. L’indice du stock (base 100 en janvier 2018) est supérieur de 273 % à son niveau de juillet 2023 ; il a encore progressé de 12,7 % par rapport à juin 2024, alors qu’il avait atteint 4 fois son niveau de base.

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Capital reproducteurs

« Nous avons six mois de stocks, s’alarme Guy-Marie Brochard. Du jamais vu, tous les acteurs sont extrêmement inquiets, et on se prépare à un début d’année 2025 catastrophique. Le marché britannique, qui représente 15 % de notre production, n’est toujours pas débloqué et nous demandons à la DGAL de faire avancer ce dossier ». La demande de stockage public du Cicar est sans réponse de la part du ministère de l’Agriculture en attente de l’arrivée d’un nouveau ministre. Or, il y a urgence ; Guy-Marie Brochard alerte sur les « dommages collatéraux à l’amont », c’est-à-dire au maillon de la reproduction, qu’il ne suffira pas d’indemniser au regard de la « boucle très longue », selon ses mots, de la reprise de l’élevage de canards et canettes de chair.

Le président craint que les pouvoirs publics ne considèrent les niveaux de stocks de la filière palmipèdes dans son ensemble ; une filière comprenant le canard à foie gras dont les stocks sont faibles. Faute de mesure publique, le président s’est adressé aux enseignes de la distribution afin qu’elles mettent en avant le canard à rôtir. Sans trop d’espoir ; il admet que la saison du canard gras et de ses magrets va débuter et que le filet mariné – forme de transformation du filet surgelé destiné au Royaume-Uni – n’est pas commun dans les rayons. Alors que la filière souffre, elle doit prendre en charge les interventions liées à la vaccination contre l’influenza aviaire, selon un compromis avec l’État que le Cicar accepte. Il souhaite seulement que le partage des frais avec l’État se prolonge en 2025.

« Nous avons six mois de stocks »