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Inaporc La filière confrontée à la flambée des matières premières

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La hausse du coût des matières premières et la stagnation des prix de vente à la production étaient sur toutes les lèvres lors de l’assemblée générale de l’interprofession porcine Inaporc le 4 juillet. Les professionnels souhaitent établir des discussions avec tous les maillons de la filière pour pouvoir répercuter les coûts jusqu’au consommateur. Le président d’Inaporc, Guillaume Roué, souhaite que le coût du travail soit harmonisé en Europe pour « redonner de la compétitivité à la production française » et que soient développés des systèmes de contractualisations.

Les éleveurs de porcs sont pris en étau. Confrontés à des coûts de matières premières qui flambent et des prix de vente très bas depuis plusieurs mois, la production porcine se trouve dans une situation de plus en plus inconfortable, selon les professionnels. Le président d’Inaporc, Guillaume Roué, n’a pas caché ses inquiétudes lors de l’assemblée générale de l’interprofession le 4 juillet. « Nous sommes dans une situation inédite. La volatilité des prix fait peur », a-t-il déclaré. « Il faut des discussions dans la filière pour répercuter les coûts », a-t-il ajouté. Réclamant « un Grenelle agricole avec la production et la distribution française », le président de l’Institut français du porc (Ifip), Jacques Lemaître, s’est alarmé sur l’augmentation du coût de l’aliment qui est « passé de 160 euros la tonne à 220 euros en quelques mois ». « Nous allons vers un prix de revient de 1,60 euro par kilo contre 1,20 il y a quelques mois », a-t-il prédit. Et ça ne devrait pas s’arranger… Dans le même temps, le cours du Marché du porc breton (MPB), après s’être ressaisi en juin, a reculé pour la quatrième fois consécutive le 5 juillet, à 1,187 euro/kg. En cause : le mauvais temps, qui n’incite pas aux achats. Ajouté à cela, la hausse de la production porcine européenne en 2007 ne devrait pas favoriser la reprise des cours dans les prochains mois.

Contractualisation et méthanisation

« Les producteurs sont dans l’incapacité de résister à une telle conjoncture. Nous sommes obligés de faire passer un certain nombre de hausses. C’est vital pour nos filières », a déclaré de son côté, Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (FNP) et responsable du groupe de travail énergie au sein de l’interprofession. Pour permettre à « une filière porcine française qui décroche de retrouver une certaine compétitivité au niveau européen », Guillaume Roué souhaite que soit réduit le coût du travail en l’harmonisant avec les principaux pays européens. « L’Allemagne peut employer dans ses exploitations des salariés des pays de l’Est payés au prix de ces pays », a-t-il déclaré, en demandant que « l’Europe joue pleinement son rôle de régulateur social et fiscal ». « Pourquoi ne pas développer des systèmes de contractualisation notamment au niveau de l’aliment ? », propose-t-il également, souhaitant ainsi lisser les coûts des matières premières. Jean-Michel Serres demande de son côté que toutes « les surfaces agricoles en jachère soient utilisées pour les cultures dès la campagne prochaine ». Il souhaite également que la composition des aliments puisse être revue « en ne s’interdisant rien », notamment en matière d’utilisation de farines et de graisses animales. « Nous avons besoin d’un cadre réglementaire précis », a-t-il ajouté, à propos des projets de méthanisation sur lesquels les éleveurs « sont prêts à se lancer ».

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Assurance sanitaire

Guillaume Roué estime par ailleurs « légitime » que les productions animales bénéficient « d’un système de compensation financière », comme c’est le cas sur les productions végétales avec le système de défiscalisation sur les biocarburants. Présent à l’assemblée générale, le ministre de l’Agriculture, Michel Barniers a déclaré qu’il cherchait « un moyen pour que les filières animales et notamment porcine ne soit pas laissées pour compte ». Le président d’Inaporc a également indiqué que l’interprofession étudiait la création d’une « assurance collective sur les risques sanitaires » s’apparentant à l’assurance récolte. « Je m’intéresse à votre proposition », a déclaré Michel Barnier, ne se déclarant pas opposé à la demande d’Inaporc que l’Etat participe financièrement au projet. Il a par ailleurs accepté d’établir avec le ministère de l’Ecologie un inventaire des actions de la filière porcine en faveur de l’environnement. Inaporc souhaite que cet « état des lieux » puisse être rendu avant le prochain Grenelle de l’environnement.