La collective du bioéthanol fonde de sérieux espoirs, mais encore lointains, sur le Green deal de la nouvelle Commission européenne pour assurer son futur développement, ont indiqué ses dirigeants lors de leur conférence de presse annuelle. Ce qu’elle espère de Bruxelles, c’est la prise en compte du CO2 émis par des carburants renouvelables, donc ne rajoutant pas de carbone dans l’atmosphère.
À l’occasion de sa conférence de presse annuelle le 28 janvier, la Collective du bioéthanol a appelé le gouvernement, la Commission, les parlements français et européen et les États membres à relever l’objectif d’énergies renouvelables dans les transports en 2030 (14 % actuellement) et à relever le plafond d’incorporation de biocarburants issus de matières premières agricoles produites « durablement » (7 %). La Collective est constituée de la Confédération générale des betteraviers (CGB) et du Syndicat national des producteurs d’alcool agricole (SNPAA).
La filière estime que ce plafond devrait être relevé, parce que pour l’instant la règlementation européenne se base sur la mesure des émissions de CO2 à la sortie du pot d’échappement des véhicules sans faire de différence entre le carbone émis par un biocarburant, donc issu des plantes, et le carbone rajouté dans l’atmosphère par un carburant issu d’un puits de pétrole. La collective table sur les orientations climatiques affichées par la nouvelle Commission pour prendre en compte le cycle du carbone dans son ensemble, « du champ à la roue ».
Une loi climatique fin mars
Alors qu’une première loi climatique européenne est attendue en mars prochain et que les objectifs climatiques européens sont renforcés (-50 % d’émissions de gaz à effet de serre en 2030), les normes d’émissions de CO2 auxquelles sont astreints les constructeurs automobiles se durcissent. Par kilomètre parcouru, un véhicule électrique émet zéro gramme de CO2, mais si l’électricité est produite par une centrale à charbon, il en émet 250 grammes, a fait remarquer Nicolas Rialland, directeur de l’environnement et des affaires publiques à la CGB.
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La demande d’éthanol était de 10 millions d’hectolitres (Mhl) en France en 2018. Elle est passée à 11,3 Mhl l’année suivante. Elle s’accroît chaque année d’environ 1,3 million d’hectolitres, a précisé Nicolas Rialland. L’E10 est maintenant la première essence de France, avec une part de marché de 47,6 % en moyenne en 2019, et près de 50 % en novembre et décembre. L’E85 progresse, avec l’ouverture de deux stations par jour.
De la marge avant d’augmenter les surfaces
Une question se pose maintenant : y aura-t-il assez de surfaces cultivées pour assurer cette expansion ? Dans un premier temps, la filière a de la marge pour rediriger une partie des exportations d’éthanol vers le marché intérieur, a indiqué Nicolas Rialland. Dans un second temps, l’industrie sucrière s’attache pour l’instant à éviter les surplus de sucre, le marché mondial étant jusque-là excédentaire. « Ce n’est que dans un troisième temps que la filière aura à envisager d’augmenter les surfaces de betteraves et de blé pour l’éthanol ». La production française d’éthanol couvre moins de 1 % de la surface agricole utile, et si l’on retranche les coproduits destinés à l’alimentation du bétail (pulpes de betteraves et drèches de distillerie), la proportion tombe à 0,6 %, a-t-il ajouté. L’éthanol est produit à 50 % à partir de betteraves, et 50 % à partir de céréales (35 % avec du blé et 15 % avec du maïs).