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Signes de qualité La filière du camembert prête à porter plainte contre les industriels

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La filière du camembert de Normandie sous signe de qualité est prête à porter plainte contre les groupes industriels qui vendent sous l’appellation « camembert de Normandie », s’ils continuent à utiliser la notoriété de ce produit sans en respecter le cahier des charges.

L’organisme de défense et de gestion (ODG) « camembert de Normandie » estime avoir réuni les preuves que les groupes industriels qui fabriquent massivement du camembert ne respectent pas le cahier des charges de ce produit sous appellation et qu’ils l’usurpent. L’ODG, basée à Caen, est dans la dernière phase de démarches pour convaincre ces groupes, qui fabriquent 95% du camembert, d’arrêter d’utiliser la mention « camembert fabriqué en Normandie », qui induit une confusion avec l’appellation officielle « camembert de Normandie », indique son président, Patrick Mercier (en date du 1er décembre). L’ODG rassemble 500 producteurs de lait et 9 fabricants.

Les délais largement dépassés

Les industriels ont largement bénéficié d’un moratoire de deux fois cinq ans pour appliquer un règlement communautaire de 1992 (2 081/92, article 13), qui interdit la confusion et l’usurpation de notoriété des signes de qualité, rappelle Patrick Mercier. Le règlement aurait dû s’appliquer en 2002, mais l’échéance a été dépassée. « De par leur caractère, les Normands sont trop conciliants. Nous aurions dû batailler comme les producteurs de roquefort, dont la notoriété est maintenant internationale », commente le président de l’ODG normande.
Depuis, un décret du 18 septembre 2008 est venu réaffirmer les valeurs du camembert de Normandie : lait issu de vaches de races normandes, pâturage, plafond d’utilisation d’aliments composés dans les élevages laitiers, etc.
Les 15 mars 2011, les professionnels ont décidé de passer à l’action. Ils ont voté la mise en branle d’une procédure. Celle-ci est en cours. Ils ont demandé à l’administration (au ministère de l’Agriculture et à celui de l’Économie) de « faire cesser la confusion » entretenue chez les consommateurs entre « camembert de Normandie » et « camembert fabriqué en Normandie ».

Confusion autour de la mention « Normandie »

L’ODG a réalisé une enquête montrant que 90% des consommateurs ne voient pas la différence entre les deux mentions. « Notre débouché est passé de 13 000 tonnes il y a dix ans à 4 500 tonnes par an actuellement. Nous avons trop laissé filer notre notoriété », a ajouté Patrick Mercier. En face de cette production sous appellation d’origine protégée (AOP), les groupes industriels fabriquent 80 000 tonnes de camembert, précise-t-il.
« Pour faire la différence entre les deux notions, il faut être expert. Les professionnels ont raison de demander le retrait de la mention “ Normandie ”. C’est cette mention qui trompe le consommateur. Aux industriels de trouver une autre dénomination », commente Véronique Lerouge, présidente de l’association des fromages de terroirs.
Une procédure juridique est en préparation. Elle devrait être lancée d’ici la mi-décembre, a conclu Patrick Mercier.

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