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La filière du houblon se réorganise autour d'une marque

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Les premières Assises du houblon ont eu lieu en Alsace les 22 et 23 août, en plein renouveau de la production nationale.

France Houblon, nouvelle marque des acteurs de la filière, a été lancée lors des premières Assises du houblon, les 22 et 23 août. Elle porte notamment l'ambition de répondre à l'essor des bières artisanales issues d'un approvisionnement local. Tout le secteur s'organise autour d'elle. Une interprofession doit voir le jour : son nom, Inter houblon, a été déposé et la mise en route est attendue lors du prochain Salon de l'agriculture. Les négociants viennent de se regrouper en association, l'AFNH. Un institut technique, l'ITH, est sur les rails, reprenant les activités de recherche et d'accompagnement agronomique assurées jusqu'ici par le syndicat des producteurs (AGPH).

Nouveaux planteurs

« La filière se renforce », a insisté le 23 août le président de l'AGPH, Bernard Ingwiller, notant l'arrivée de nouveaux planteurs et le boum des micro-brasseries face à une demande de produits différents chez les consommateurs. Quelque 500 ha de houblon sont cultivés dans l'Hexagone, avec près de 450 ha en Alsace, une trentaine dans le Nord, d’après FranceAgriMer. Les surfaces en dehors du bassin traditionnel augmentent année après année, a indiqué Laurent Simon, responsable de l'antenne de Strasbourg au sein de l’établissement public : elles atteignent 20-30 ha. Un chiffre sous-estimé, selon lui, car tous les néo-houblonniers ne sont pas répertoriés.

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Du houblon sort de terre du Lot-et-Garonne jusqu’à la Normandie, en passant par l'Auvergne. Partant du « double constat qu'il y a de plus en plus de brasseries artisanales et que les agriculteurs cherchent à se diversifier dans des productions à haute valeur ajoutée », deux jeunes agronomes, Fanny Madrid et Lucie Le Bouteiller, ont lancé en Nouvelle-Aquitaine Hopen - Terre de houblon, qui accompagne actuellement deux installations et cinq projets de plantation. Cette offre s’inscrit dans une tendance locavore. Les consommateurs sont friands de produits du terroir et les sites de production de bière se répandent un peu partout. « On est passé de quelques dizaines de brasseries au début des années 2000 à 1 700 brasseries aujourd'hui », note Philippe Martin, responsable commercial de Hop France, une marque créée pour valoriser les variétés alsaciennes de houblon.

Aujourd'hui, le marché français est marqué par un paradoxe. 70 % de la production nationale de houblon – qui pèse moins de 1 % du volume mondial – sont exportés alors que la bière se relocalise. La mode des produits très aromatiques oblige les brasseurs à importer du houblon notamment des États-Unis, d'Australie et de Nouvelle-Zélande. Certaines variétés ne sont disponibles qu'à l'étranger, explique Francis Heitz, responsable export chez Hop France. « Il faut mettre en adéquation la demande des micro-brasseurs avec la production » des nouveaux planteurs français, souligne-t-il.

Une interprofession espérée d'ici au prochain Sia