En 2025, les volumes collectés de lait de brebis sont un peu repartis à la hausse en France, et les ventes de fromages ont repris. Les éleveurs ont pu aussi profiter d’un lait mieux payé.
Le bilan 2025 que vient de publier l’Idele fait apparaître une collecte française de lait de brebis en légère hausse (+ 1,4 %) durant la campagne 2024/2025 par rapport à la campagne précédente à 290,4 millions de litres, sans toutefois contrebalancer la précédente baisse. Depuis sa chute de 2021/2022, la collecte fluctue. L’année passée, elle était en retrait de 1,6 % par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes. Pour ce qui concerne le lait bio, la collecte a stagné en 2024/2025, à + 1 %, après trois campagnes quasiment au même niveau. Le nombre de livreurs est orienté à la baisse car les laiteries n’en acceptent plus de nouveaux, faute de débouchés.
Toutes catégories de lait confondues, la collecte « a diversement évolué dans les trois principales régions de production : hausse en Occitanie (+ 1,5 % après -3,9 % entre les deux précédentes campagnes) et en Nouvelle-Aquitaine (+ 1,9 % contre - 0,1 %) et recul de 5,9 % en Corse (contre -1,6 % précédemment). Au-delà de ces trois bassins, elle a progressé de 4,2 % », note l’Idele.
Ventes en hausse, sauf à l’export
Davantage de lait a permis de fabriquer, et de vendre davantage. Les achats de fromages sont repartis à la hausse en 2025 (+ 5,8 % vs 2024), après plusieurs années de baisse, selon l’Idele se basant sur les données de FranceAgriMer. Le prix moyen pondéré a reculé de 0,8 %, mais cela fait suite à plusieurs hausses (+ 1 % en 2024, + 11 % en 2023 et + 5 % en 2022). On constate toutefois de grandes différences d’un fromage à l’autre. Les ventes de roquefort, plus gros tonnage de fromage de brebis, sont en légère hausse (+ 0,7 %), et le prix moyen augmente de 2,8 %. « À l’inverse, l’ossau iraty a vu ses ventes diminuer de 5,2 %, avec un prix moyen en hausse de 0,4 %. Les fromages à salade type féta s’en sortent mieux, avec + 18,2 % en volume et une baisse de prix de 2,4 %. Après trois années de baisse, les ventes d’ultra-frais bondissent en 2025, de 15,3 %, avec des prix en baisse de 2,7 %. »
La hausse du marché domestique a laissé moins de volumes disponibles à l’export, qui a baissé de 1 % en 2025 par rapport à 2024. Le roquefort s’est moins exporté : -29 % vers les Etats-Unis à cause des taxes douanières. Les volumes vers l’Espagne (34 % des volumes) étaient stables et ceux vers la Belgique (14 % des volumes) en baisse de 4 %. Ces ventes en hausse ont aussi permis de mieux payer les éleveurs. Le prix payé au producteur reste orienté à la hausse, atteignant 1 291 €/1000 l sur la campagne 2024/2025, en hausse de 4,3 % par rapport à la campagne précédente. La hausse de prix a été plus importante en conventionnel (+ 4,7 %, à 1 266 €/1 000 l) qu’en bio (+ 2,3 %, à 1 495 €).
CB