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Négociations La filière laitière veut entrer dans l’accord du 3 mai

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La FNPL a annoncé avoir amorcé des négociations pour faire entrer la filière laitière dans l’accord du 3 mai, lors d’une conférence de presse le 19 septembre. La Fédération explore par ailleurs des pistes pour renforcer l’autonomie fourragère des bassins laitiers.

La FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) envisage de faire rentrer « une partie du lait dans l’accord du 3 mai », a annoncé Thierry Roquefeuil, président du syndicat laitier, lors d’une conférence de presse le 19 septembre. Cet élargissement de l’accord du 3 mai donnerait à la filière laitière la possibilité de répercuter les hausses des charges de façon systématique, et permettrait en outre que « les discussions entre fournisseurs et distributeurs se passent d’une façon beaucoup plus naturelle qu’aujourd’hui », espère Thierry Roquefeuil. La FNPL a d’ailleurs rencontré la FNSEA le 18 septembre afin de discuter de l’intégration de la filière laitière dans cet accord. « Nous avons aussi rencontré la FCD (Fédération des entreprises du commerce et de la distribution) au mois de juin et nous avons pris acte de leur volonté de discuter avec la filière laitière », raconte Thierry Roquefeuil. La FNPL espère à terme pouvoir établir un comité de liaison entre le Cniel et la grande distribution.

L’industrie réticente

Mais la Fédération rencontre déjà des réticences du côté de l’industrie. « Les transformateurs laitiers considèrent que l’accord du 3 mai peut être un carcan pour eux », regrette Thierry Roquefeuil. Pour les collecteurs, les difficultés économiques de la filière viendraient de ce « qu’on a trop de lait en France », rappelle-t-il. Et pourtant, « quand on sort de la France, et qu’on parle avec des transformateurs allemands ou néerlandais, ils ne voient pas du tout les choses de cette manière. Ils considèrent qu’il y a des marchés émergents à prendre », aime à rappeler Thierry Roquefeuil. Un exemple que devrait suivre la filière française, tant le marché actuel « ne fonctionne pas », estime-t-il.

Des éleveurs en difficultés

Les exemples de défaillances du marché sont d’ailleurs multiples, déplore André Bonnard, membre du bureau de la FNPL : « Aujourd’hui, entre 80 et 100 millions de litres de lait sont en situation d’urgence et pourraient ne plus être collectés. Et les volumes “problématiques”, qui sont dégagés sur le marché spot, concernent un petit milliard de litres sur les 23 collectés au niveau national ». La filière rencontre par ailleurs de plus en plus de difficultés à dégager un revenu, à cause de l’évolution des charges et de la baisse du prix du lait payé au producteur (voir graphique). Outre l’accord du 3 mai, c’est donc aussi sur l’autonomie fourragère que la France doit aujourd’hui travailler. « J’ai demandé au ministre la mise en place d’un “plan protéines”, pour obtenir des protéines moins chères, par exemple en renforçant l’autonomie à l’échelle de l’exploitation ou de la région », a détaillé le président de la FNPL.

Des actions syndicales envisagées

Et si le syndicat « s’inscrit dans une volonté de dialogue, il va tout de même falloir qu’il y ait des débouchés », prévient Thierry Roquefeuil. Le cas échéant, « nous saurons reprendre notre bâton de pèlerin et nous saurons exprimer les revendications qui sont les nôtres », a-t-il averti. Une réunion entre la FCD et l’ensemble de l’interprofession laitière est prévue au début du mois d’octobre.

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