Après un début d’année 2006 encourageant, la conjoncture du marché du lapin est en berne. Alors que les coûts des matières premières s’envolent et pénalisent les éleveurs, les prix stagnent et la consommation recule. Le comité interprofessionnel du lapin (Clipp) a fait part de son inquiétude lors de son assemblée générale du 14 juin.
Les éleveurs de lapins sont inquiets. Présents à l’assemblée générale du Comité lapin interprofessionnel pour la promotion des produits (Clipp) le 14 juin, ils ont fait part de leurs fortes préoccupations concernant l’activité en cours de l’année 2007. « Depuis le début de l’année, le recul de la demande crée au sein de la filière de vives tensions, se concrétisant par un niveau anormalement élevé de stocks pour les abattoirs et pour les élevages par des prix de reprise en baisse avec des cours de matières premières qui s’envolent », a résumé Agnès Braine, du service économique de l’Institut technique de l’aviculture (Itavi).
Baisse de la consommation
« Depuis 6 ans, nos prix de vente à l’abattoir diminuent, alors qu’ils augmentent en grandes surfaces pour les consommateurs. Les intermédiaires font de la marge sur notre dos », lance un éleveur dans l’assemblée. « Ce ne sont pas les abattoirs qui augmentent leur marge, c’est la grande distribution ! », répond une participante dans la salle. La progression de la consommation des ménages enregistrée au 1 er semestre 2006, en grande partie due à la baisse de consommation sur la volaille (crise de l’influenza aviaire), ne s’est pas confirmée ensuite. Sur l’année 2006, le bilan ressort en recul de 1,7 % en volume, avec une production totale estimée de 52 848 tonnes de lapins abattus. Et le début de 2007 ne semble pas meilleur. A cela s’ajoute la forte hausse des matières premières qui pénalise la trésorerie des élevages. L’indice coûts matières premières de l’Itavi affiche une hausse de 19,7 % sur les 4 premiers mois de 2007 ! La balance commerciale du secteur ne s’est pas non plus améliorée. Elle avait pourtant progressé en 2006, grâce à une forte diminution des importations (-16 % en lapins vivants). Mais sur le 1 er trimestre 2007, l’Itavi enregistre une reprise des importations (+21 %), dû au retour des lapins argentins entre autres, et une chute des exportations (-22 %), en raison de la fermeture du marché britannique et de la diminution des exportations vers l’Espagne.
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Disparition des petites structures
« Cette situation va inévitablement avoir des répercussions sur le secteur, entraînant des arrêts d’élevage parmi les moins performants et la disparition de petites structures d’abattage », prévient l’Itavi. Face à une conjoncture 2007 qui commence difficilement, le Clipp n’entend pas baisser les bras. « Nous avons sollicité les pouvoirs publics pour qu’un soutien soit accordé au sto-ckage des entreprises », a déclaré Jean-Pierre Cavelier, président de l’interprofession. « Nous devons conforter l’organisation et l’adaptation de la production aux besoins du marché et assurer le nécessaire renouvellement de notre potentiel de production », a-t-il ajouté. Le Clipp entend également poursuivre les actions de communication entamées en 2003. Objectif : conquérir une meilleure place dans les linéaires et améliorer la segmentation de l’offre.