La filière de la luzerne déshydratée est en train de mettre au point des pratiques culturales pour augmenter la biodiversité, un facteur clé de l’agriculture durable. Coop de France Déshydratation a détaillé son programme lors d’une conférence de presse le 2 avril.
Les producteurs de luzerne déshydratée (agriculteurs et transformateurs), fédérés par Coop de France Déshydratation, ont décidé de mesurer la biodiversité hébergée dans leurs cultures et d’étudier les moyens de l’augmenter encore, ont-ils indiqué le 2 avril lors d’une conférence de presse.
Retarder le fauchage de la luzerne dans certaines parcelles
Déjà, une campagne d’essais en grandes parcelles est en cours chez 15 exploitants de Champagne-Ardenne. Sur ces parcelles sera examinée la faisabilité d’un changement des pratiques culturales pour augmenter la biodiversité. En effet, habituellement, les impératifs liés à la qualité de la récolte (teneur en protéine et rendements) amènent temporairement à priver certaines espèces (abeilles, papillons) de nourriture et à faire fuir la faune au moment des récoltes. Pour restaurer la biodiversité, les essais consisteront à retarder le fauchage de la luzerne dans certaines parcelles. Le surcoût devrait représenter « quelques centaines d’euros par hectare », a précisé Éric Guillemot, directeur de Coop de France Déshydratation. Il faudra alors « convenir d’une répartition équitable des surcoûts induits par ces aménagements, entre la société et les agriculteurs ».
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Étendre les pratiques peu à peu à toute la luzerne
Le coût des essais, menés conjointement par Coop de France Déshydratation, l’institut technique Arvalis, le Réseau biodiversité pour les abeilles, le Muséum d’histoire naturelle, la Ligue de protection des oiseaux, sera de 200 000 euros, sur toute la durée du programme, c’est-à-dire deux ans. Le conseil régional de Champagne-Ardenne est prêt à en prendre en charge 70 à 80%, selon Éric Guillemot.
Les résultats de ces essais devraient ensuite constituer des références pour être étendues aux 70 000 hectares de cultures de luzerne déshydratée en Champagne-Ardenne. Puis aux 15 000 autres hectares cultivés dans les autres régions. Enfin, à terme, le projet est de porter ces nouvelles pratiques aux cultures de luzerne non destinée à la déshydratation. Celles-ci représentent 215 000 hectares en France, réparties sur des milliers d’exploitations, d’élevage principalement.