Les membres du syndicat aval des métiers de la viande se sont réunis à Nantes lors de leur 76e congrès annuel. À cette occasion, Gilles Gauthier, président réélu, constate amèrement les faibles performances à l‘export de la filière et revient sur les enjeux de la filière.
Pourriez-vous décrire Fedev en quelques mots ?
Fedev est un syndicat aval de tous les métiers inhérents à la viande comprenant toutes les espèces bovines, ovines, caprines et porcines et l’ensemble des sous-familles. C’est le syndicat aval de la filière viande le plus important avec 320 adhérents qui sont des grosses structures, des PME mais aussi des TPE et des toutes petites structures. Le caractère atypique de notre fédération, c’est « une entreprise, une voix ». Ainsi, les petites entreprises ont la même représentativité à l’intérieur de la fédération, ce qui en est un principe fondateur.
Sur les marchés internationaux, comment jugez-vous la performance de la France ?
C’est un constat d’échec. Nos volumes exportés vers les pays tiers sont très bas. Nous sommes de piètres exportateurs et la filière n’a jamais eu de stratégie clairement identifiée pour l’exportation. En comparant nos chiffres à la Pologne ou à l’Espagne, nous constatons qu’ils font moins de politique et plus de commerce.
En effet, nos concurrents n’ont pas les mêmes charges, notamment sur le coût du travail et les coûts de production dans les ateliers d’engraissement, ce qui aggrave notre compétitivité prix. De plus, pour exporter, il faut être compétitif avec un standard de production. Ce standard de production, en viande bovine, nous n’avons jamais été capables de le définir en France. L’amont de la filière a guidé ce qu’il fallait exporter, principalement lors des périodes de surproduction. Et malheureusement, notre niveau de compétitivité à l’export ne va pas s’améliorer, il risque même de rebaisser.
"Nous sommes de piètres exportateurs "
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Par exemple, avec l’ouverture prochaine de la Chine, il vaut mieux partir sur une bannière bleu-blanc-rouge en définissant bien ce que les Chinois veulent et ce qu’ils sont en capacité de nous acheter. Ils doivent définir leurs besoins et à nous de répondre en quantité et qualité.
Que pensez-vous du projet de loi issu des États généraux de l’alimentation en cours d’examen ?
À la base, la décision du président de donner ordre de conduire des États généraux était bonne. Effectivement, nous ne pouvons pas laisser, en France, les éleveurs dans un tel état de désœuvrement. Sur les résultats, je suis favorable à l’encadrement des promotions et l’intégration des coûts de production.
Mais on ne peut pas tout mélanger. Des coûts de production en Vendée ne sont pas comparables à des coûts de production en Dordogne où ce sont de petites structures diversifiées et mal irriguées. Cela n’a rien à voir et l’on a tout mélangé. Selon la taille et les caractéristiques des exploitations, les coûts de revient ne sont pas les mêmes. Il faut déterminer un cadre et une base de calcul commune qui prennent en compte ces spécificités.
Face aux vegans, le président de Fedev-métiers de la viande exhorte la filière à s’unir
Les changements sociétaux ont été au cœur des préoccupations des tables rondes du 76e congrès du syndicat aval des métiers de la viande (Fedev) qui s’est tenu les 14 et 15 juin à Nantes. « Face aux attaques des végans, on s’est construits et armés », a affirmé Gilles Gauthier, président de la Fedev. « Nous ne gagnerons rien à discréditer nos adversaires », a témoigné Christine Roguet, coordinatrice du projet Accept. Lydie Bernard, éleveuse et vice-présidente de la région Pays de la Loire, a proposé à la profession « de reprendre la main, pour faire comprendre à l’urbain ». Témoin de la journée, Pascal Perri, économiste, a enjoint les filières viande à « trouver leurs ambassadeurs ». « Vous devez élargir le cercle de vos amis, car aujourd’hui la charge de la preuve vous revient », leur a-t-il conseillé. « Nous devons former une union sacrée », a exhorté Gilles Gauthier, président de Fedev à l’ensemble des familles professionnelles des filières viande, lors des conclusions du congrès annuel de Fedev. « Nous sommes la risée de nos concurrents européens qui se nourrissent de nos divisions », mais aussi « des pouvoirs publics, lorsque nous arrivons chacun de notre côté, ils nous cueillent comme des pâquerettes ». Ainsi, il a demandé à l’amont, à l’aval mais aussi à la distribution d’établir ensemble, lors d’un séminaire des présidents « un plan d’action clair et précis ».