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Distorsions de concurrence La filière porc française veut faire barrage au dumping social de l’Allemagne

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Les distorsions de concurrence sur le volet social font des ravages dans le secteur du porc en Europe, ont expliqué, chiffres à l’appui, les fondateurs du Collectif contre le dumping social en Europe, pendant le Space. Ils demandent aux autorités européennes de faire cesser cet avantage, criant en Allemagne, et se déclarent prêts à porter plainte au niveau européen.

La filière de la viande porcine en France est menacée par l’avantage concurrentiel lié à l’emploi de main-d’œuvre à bas coût en Allemagne. C’est ce qu’ont longuement expliqué les organisations de l’amont (CRP de Bretagne et UGPVB) et de l’aval porcin (SNIV-SNCP) qui ont créé le Collectif contre le dumping social en Europe), il y a quelques jours au Space.
« 80 à 90 % des salariés des principaux industriels de la viande de porc (Tönnies, Vion, Westfleisch NDLR) sont d’origine étrangère, employés comme intérimaires et payés 7€ de l’heure contre 20€ pour le salarié en France. (…) Il existe en Europe des directives pour éviter le dumping social, mais elles ne sont pas appliquées correctement en Allemagne », constate Emmanuel Commault, vice-président du SNIV-SNCP, et directeur général de Cooperl Arc Atlantique.
Selon lui, cette distorsion dans les règles sociales européennes procure aux opérateurs allemands un avantage « de 5 voire 8 € par porc, selon certaines études ». Ils conservent cet avantage sur la vente de pièces qui leur permet de prendre des parts de marché à leurs concurrents européens. Emmanuel Commault précise que « l’industrie porcine française décroît de 2 % par an depuis cinq ans alors que dans le même temps, l’industrie allemande croît de 5 % par an ». Selon le Marché du porc breton, l’Allemagne abattra cette année 5 % de porcs de plus que l’année dernière (+ 2 millions de porcs).
Danemark, Pays-Bas, Belgique ont vu, ces dernières années, leur filière porcine se transformer. L’abattage a régressé et des éleveurs estiment plus intéressant d’exporter leurs animaux vivants côté allemand. Les producteurs français, eux, subissent de plein fouet cette distorsion en raison de l’impossibilité pour les industriels d’acheter leurs animaux plus cher, selon Emmanuel Commault. Pierre Halliez, directeur du SNIV-SNCP demande aux autorités nationales et européennes « de prendre le dossier à bras le corps pour rétablir un fonctionnement normal du marché unique européen ». Aucune action n’est exclue. « Nous devons sensibiliser le grand public avec la pétition à signer sur notre site Internet (www.stop-dumping-social-europe.org) », poursuit Pierre Halliez. Il évoque des rapprochements avec les organisations professionnelles porcines d’autres pays, voire d’autres secteurs – la volaille et les fruits et légumes sont cités. Le collectif auprès duquel Inaporc, Coop de France et la FNP sont membres associés, n’exclut pas non plus déposer plainte au niveau européen.

(1) Cf Agra Alimentation n°2121 du 16.09.2010, page 16

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