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Viande porcine La filière porcine européenne continue de souffrir

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Aggravée par le scandale de la dioxine en Allemagne, la crise de la filière porcine va probablement occuper une place de plus en plus importante au cours des prochains mois dans l’Union. Un débat est prévu le 24 janvier au sein du Conseil agricole de l’UE et la Commission européenne, qui a renoncé à créer un groupe à haut niveau qui, selon elle, ne pourrait susciter que des attentes déçues, a néanmoins décidé de s’intéresser de près à ce dossier en préparant pour avril une réunion élargie du comité consultatif « porc ». En tout cas, très remontée, la filière française a décidé de déposer une plainte auprès de la Commission européenne contre l’Allemagne accusée de dumping social dans ses abattoirs.

La situation du secteur porcin s’est encore détériorée depuis la journée de réflexion organisée par la Belgique le 12 décembre dernier. Les prix des céréales continuent de monter et la crise de la dioxine en Allemagne n’a fait qu’aggraver les problèmes de la filière. Les prix et la consommation auraient respectivement diminué de 17 % et 20% en Allemagne. Par ailleurs, les professionnels français accusent l’Allemagne d’avoir développé un avantage compétitif en pratiquant du dumping social. Il y a « dans les abattoirs allemands un recours massif à de la main d’œuvre étrangère en provenance plus particulièrement de Pologne, de Hongrie,de Roumanie, de Bulgarie, d’Ukraine, voire de Russie, à des taux de salaire extrêmement bas ». Cette pratique crée « une distorsion de concurrence extrêmement importante sur le marché de la viande et qui favorise les opérateurs allemands », déplore Pierre Halliez, directeur du Syndicat des entreprises françaises des viandes (Sniv-SNCP) qui préside le collectif contre le dumping social en Europe. « Nous avons déposé une plainte en manquement d’Etat contre l’Allemagne. On lui reproche de ne pas faire respecter dans ses entreprises la législation allemande, qui elle-même est la transposition du droit européen », a-t-il précisé. Le collectif dénonce ainsi « un intérim qui ne dit pas son nom », soulignant que la directive européenne sur l’intérim prévoit que les travailleurs, quelle que soit leur nationalité, soient rémunérés dans les mêmes conditions que les travailleurs nationaux qu’ils remplacent.« Pour un coût de main d’œuvre (salaire, charges...) d’une vingtaine d’euros de l’heure en France, on a une équivalence à 7 euros dans ces abattoirs allemands », précise-t-il. Il évoque ainsi certains grands abattoirs dans lesquels il y a 80 à 90% de ces travailleurs venant d’autres pays. Il estime la différence de prix induite par cette situation à 5 centimes d’euro par kg de viande de porc.

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