Abonné

Poulet export La filière poulet export demande des mesures d’urgence

- - 4 min

Le 21 octobre, Tilly-Sabco inaugurait un atelier de production de saucisses de poulet à Guerlesquin (29). Le groupe réalise encore 90% de son chiffre d’affaires sur la filière poulet export, mais la mise à zéro des restitutions à l’export pourrait réorienter la stratégie du volailler.

Les symptômes ne trompent pas : baisse de production, investissement réorienté. La filière poulet export hexagonale, la première de l’Union européenne, est en perdition face au contexte économique et politique défavorable. La mise à zéro des restitutions à l’export est largement montrée du doigt par la filière. Plus précisément, c’est la « brutalité » de la suppression des restitutions qui est mise en cause. Car « la Commission européenne n’a pas laissé le temps à l’entreprise de passer d’un modèle économique aidé à un modèle non-aidé sur la base d’une sortie négociée et économiquement réaliste des restitutions, comme elle le prévoyait », a déclaré Daniel Sauvaget, p.-d.g. du groupe Tilly-Sabco, lors de l’inauguration d’un atelier de production de saucisses de poulet à Guerlesquin (29), le 21 octobre. Il rappelle que la part des restitutions dans le chiffre d’affaires de son groupe est passée de 23% en 2008 à 14% en 2012. Pour les représentants syndicaux de la CGT, la décision bruxelloise « met par terre toute la filière avicole bretonne ». Concrètement, Daniel Sauvaget avait annoncé cet été la nécessaire baisse de 40% de la production de l’entreprise. Le Cravi (Comité régional avicole de Bretagne) rappelle que la filière repose aussi sur le travail de 750 éleveurs. « Le couperet tombe, les vides sanitaires s’allongent dans tous les élevages (5 à 7 semaines) et, après les sirènes d’alerte, c’est le glas qui va résonner dans les campagnes dès 2014 », poursuit le comité. Pour les salariés de la filière poulet export, les réductions de temps de travail devraient se poursuivre au moins jusqu’au mois de décembre 2013.
 
Repenser la filière
En France, les volaillers Doux et Tilly-Sabco détiennent à eux deux la majorité des parts de marché de la filière poulet export européenne vers le Moyen-Orient. Les difficultés des deux groupes poussent à une réflexion sur une éventuelle refonte de la filière. Pour Daniel Sauvaget, il pourrait s’agir d’un rapprochement de Tilly-Sabco et du volailler Doux. Un rapprochement de nature « juridique », a-t-il précisé. Encore rien de concret, mais la filière doit évoluer ou « les deux entreprises, Tilly-Sabco et Doux disparaîtront ». De son côté, le volailler Doux a fait savoir que le rapprochement « n'est pas à l'ordre du jour et une telle alliance buterait sur la différence entre les modèles d'entreprises, intégré pour Doux et externalisé pour Tilly Sabco. Il convient de laisser la procédure du groupe Doux aller à son terme. »
 
Nouveaux investissements
Le 21 octobre, Daniel Sauvaget inaugurait un atelier modernisé de production de saucisses de poulet. Coût de l’investissement : 4 millions d’euros. L’entreprise réalise encore 90% de son chiffre d’affaires sur les exportations de poulets vers le Moyen-Orient. Mais la modernisation des activités de produits transformés est significative. Il s’agit d’une augmentation de la capacité de production (de 1,6 à 2,5 tonnes à l’heure) et d’une amélioration des conditions de travail des salariés grâce à l’automatisation de certaines tâches (déplacement de chariots de marchandises, encaissage des produits…). « Dans l’absolu, il n’y a pas de suppression de postes », précise Daniel Sauvaget. Car la suppression de certains postes de manutention est compensée par la création de nouveaux postes de travail (contrôle de qualité, conduite de machine, etc). Au total, l’atelier emploie 45 personnes.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

investissement
Suivi
Suivre