Nouvelle rencontre du Club des amis du cochon le 28 février, au Palais du Luxembourg, autour du programme Porcherie verte. Les responsables syndicaux de la filière ont insisté sur le fait que les « éleveurs porcins ont accompli d’énormes progrès en matière de protection de l’environnement » depuis 10 ans.
Réunis dans le cadre du Club des amis du cochon au Palais du Luxembourg à Paris le 28 février, les principaux responsables syndicaux de la filière porcine étaient d’accord pour reconnaître que les « éleveurs porcins ont accompli d’énormes progrès en matière de protection de l’environnement ». Le programme Porcherie verte Voir Agra Presse Hebdo n°3030 du 14 novembre 2005, développé par l’Inra depuis 1999, aura, entre autres, permis cette évolution.
Réduction de l’azote organique
« L’objectif général est de concevoir et de promouvoir des systèmes durables de production porcine, compétitifs, socialement acceptés et répondant à un haut niveau d’exigences quant à la gestion de l’environnement », a rappelé Jean-Yves Dourmad, chercheur à l’Inra, faisant partie des 90 scientifiques ayant participé au programme. Victime d’une « diabolisation » dans les années 90 par rapport à ses conséquences sur l’environnement, la production porcine s’est efforcée de réduire les émissions d’azote organique. « Le plan Gérondeau prévoit la résorption de 40 000 tonnes d’azote sur les 61 000 émis par l’élevage porcin », indique le Centre de documentation des métiers du porc (CDMP). Porcherie Verte a entre autres mis en évidence que la diminution de 16 à 12 % du taux de protéines dans les rations animales permet d’obtenir une baisse d’un tiers de l’azote présent dans les lisiers. Mais le progrès environnemental en matière porcine se heurte à un contexte particulier, souligne Jean-Yves Dourmad : « La demande des consommateurs n’apparaît pas comme une force motrice suffisante pour faire évoluer les systèmes de production, en dehors des stratégies de niches ». Le consommateur considère que la protection de l’environnement est l’affaire de l’Etat et reste très sensible au différentiel de prix entre un porc « vert » et un porc standard. Les professionnels porcins craignent l’escalade et qu’on leur en demande toujours plus. « Entre le moment où est posé le problème et où la solution est apportée, il s’écoule une période de 10 ans », souligne Guillaume Roué, le président d’Inaporc.
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« Une boîte à outils au service du développement porcin »
Les participants de la réunion du Club des amis du cochon ont en tout cas rendu hommage au programme Porcherie Verte. « Avant, les éleveurs se sentaient aggressés et sanctionnés à chaque fois que l’on parlait de nouveaux programmes. Porcherie verte a été mal perçu au début car les éleveurs craignaient que l’on ne tienne pas compte de leurs contraintes. Il a fallu un certain temps pour parler le même langage. Aujourd’hui, Porcherie verte est une formidable opportunité qui a permis de mettre à plat un certain nombre de problèmes que l’on arrivait pas à régler. C’est une véritable boîte à outils au service du développement porcin », a déclaré Paul Auffray, secrétaire général de la Fédération nationale porcine (FNP). Preuve de l’engouement suscité et des avancées qu’il aura fourni, Porcherie Verte aura une suite : Porcherie Verte 2