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En général sans problème, l’interprofession betteravière se trouve soumise, depuis le mois de juin, à une tension inhabituelle. L’enjeu : la répartition des suppléments de prix prévus dans le cas de cours élevés. Appliquant le nouveau règlement européen, un accord interprofessionnel (son article 31) prévoit qu’en cas de cours supérieurs à 454 euros/tonne, ce qui est le cas aujourd’hui, le surplus est réparti entre 60% pour les industriels et 40% pour les planteurs. Soit un montant d’environ 0,60 euro/tonne de betterave du quota, par tranche de 10 euros/tonne au-delà de 454 euros. Reste à savoir quels sont les prix définis pour chaque entreprise, prix qui conditionneront la rétribution au planteur. Jusqu’en juin, cette tâche devait être dévolue à FranceAgriMer, l’office des produits agricoles disposant de tous les éléments dans le cadre de l’Observatoire des prix imposé par Bruxelles.
FranceAgriMer ou commissaires aux comptes
Or, fin juin, les fabricants de sucre contestent ce rôle invoquant la confidentialité des chiffres et exigent que les paramètres soient fixés par chaque commissaire aux comptes. Une solution que récusent les planteurs, au nom de la transparence sur le prix moyen de vente du sucre de chaque société sucrière, explique Eric Lainé, le président de la CGB (Confédération des planteurs de betteraves) dans un entretien au Betteravier français. Selon lui, l’enjeu représente au moins 15 millions d’euros à répartir auprès des producteurs de betteraves. Depuis fin juin, le conflit est tel que les planteurs de betteraves décident, le 26 août le boycott des réunions de rentrée destinées à organiser la récolte de fin d’année. Une situation qui pourrait retarder le traitement de la récolte 2010.
Dossier test
« Si nous n’obtenons pas l’application de l’article 31 telle que nous le souhaitons, la CGB n’écarte pas le recours à des mouvements plus durs », explique Eric Lainé. Le 3 septembre, une réunion interprofessionnelle devait, ou non, voir les positions se rapprocher. Mais ce conflit est un test pour les multiples décisions interprofessionnelles qui devront être prises en 2011 et 2012. Le conflit s’aplanira sans doute. Mais il est significatif que des tensions apparaissent dans une interprofession qui pouvait paraître comme un modèle. Et les betteraviers regardent aujourd’hui avec intérêt le conflit qu’ont dû gérer leurs voisins les producteurs de lait.
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