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OMC/Sucre La filière sucre européenne s’en prend aux propositions Falconer

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« La nouvelle version des propositions à l’OMC sur le sucre contient encore des propositions incompatibles avec la réforme de l’OCM Sucre de l’UE. Ces propositions représentent une grave menace pour la durabilité du secteur des betteraves sucrières de l’Union européenne ». C’est en résumé le cri d’alarme qu’ont lancé le Comité européen des fabricants de sucre (CEFS) et la Confédération internationale des betteraviers européens (CIBE) dans une lettre conjointe qu’ils ont adressée à José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne avec copie conforme à Mariann Fischer Boel, sa commissaire à l’agriculture. Les deux lobbies demandent aux négociateurs de l’UE à l’OMC de « rester fermes sur le sucre et de refuser des concessions » lors des discussions à Genève qui semblent entrer dans une période cruciale.

« Nous restons particulièrement préoccupés par une série de points du nouveau projet de Crawford Falconer Médiateur néo-zélandais du groupe de négociations agricoles au sein de l’OMC. qui sont d’une grande importance pour notre secteur » , écrivent dans leur lettre les présidents Jos Van Campen (CIBE) et Johann Marihart (CEFS). Ceux-ci demandent d’abord à ce que le sucre et les produits contenant plus de 20 % de sucre soient « absolument exclus de la liste des produits tropicaux ». Il est également nécessaire de veiller à ce que le sucre reste dans la liste des produits éligibles à l’« érosion des préférences » (préférences qui peuvent prendre la forme de réductions tarifaires, de contingents plus élevés ou encore d’assouplissement des règles d’origine) et cela « quel que soit son traitement comme produit sensible ou non ». Ceci, disent les deux signataires, « est parfaitement en ligne avec les préférences commerciales accordées par l’Union européenne aux pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) et PMA (Pays les moins avancés), ce qui, précisent-ils, « placera l’Union comme le plus gros importateur de sucre dans le monde en 2010 ». Autre exigence du lobby sucrier : les lignes tarifaires « sucre » doivent être éligibles à la « Sauvegarde spéciale pour l’agriculture » (SGS, pour l’anglais). Cette sauvegarde spéciale doit en outre rester inchangée. En ce qui concerne la « Formule de réduction étagée » (principale méthode d’abaissement tarifaire à partir de plafonds juridiquement consolidés dans le cadre de l’OMC), la lettre des deux présidents réclame « le tarif le plus bas possible » tout en appelant les négociateurs européens à prendre en compte « le vaste processus de restructuration qu’est en train de subir le secteur européen de la betterave sucrière ». Concernant la simplification des tarifs (exprimés sous forme de tarifs ad valorem simples) les deux organisations estiment nécessaire de maintenir des « limites tarifaires » (Bound Tariffs) compte tenu « de la volatilité accrue des prix mondiaux des produits agricoles et en particulier des prix mondiaux du sucre». Pour ce qui est enfin de la « progressivité des tarifs », le CEFS et la CIBE demandent que soient exclus de la liste des droits de douane les préparations à base d’extraits d’essences ou de concentrés ou à base de café ainsi que la poudre de cacao contenant du sucre ajouté.

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