Abonné

Viande de cheval La filière viande française réfute les « amalgames »

- - 3 min

Un trafic de chevaux des industries pharmaceutiques à l'assiette des consommateurs dans le Sud de la France a été mis à jour le 15 décembre. Pour la filière, c'est la preuve de l'efficacité des contrôles.

«L'AFFAIRE révélée rappelle une nouvelle fois, si besoin était, qu'à toute chose, malheur est bon : d'abord parce qu'elle signifie que dans notre pays les fraudeurs ne peuvent pas frauder tranquille », selon un communiqué du Sniv-SNCP (entreprises françaises des viandes), le 17 décembre. La mise à jour d'un trafic de chevaux depuis les industries pharmaceutiques, dont Sanofi Pasteur, vers des abattoirs pour la production de viande chevaline, le 15 décembre, suscite de nombreuses réactions. Les animaux étaient achetés à bas prix à l'industrie pharmaceutique, dont Sanofi Pasteur. Or, les animaux ayant servi à des expérimentations doivent toujours être écartés de la chaîne alimentaire, « par prudence », précise le ministère de l'Agriculture. « Faudra-t-il se porter partie civile chaque fois qu'un fraudeur est traduit devant les tribunaux pour éviter que soit jeté le doute, si ce n'est le discrédit, sur l'ensemble des filières viandes en général ? », a déclaré Jean-Paul Bigard, président du Sniv-SNCP, le 17 décembre. Le même jour, Interbev (interprofession bétail et viandes) a fait savoir qu'elle se porterait « partie civile dès que les conclusions de l'enquête sur cette affaire seront rendues de manière définitive ». Même décision du côté de Sanofi Pasteur : « Le laboratoire s'estime victime et je partage leur analyse », déclarait Brice Robin, procureur de Marseille, le 16 décembre. De son côté, Sylvie Goy-Chavent, rapporteure de la mission sénatoriale d'information sur la filière viande, recommande de « renforcer les contrôles sanitaires (…) et de soumettre les opérateurs commerciaux à un dispositif d'agrément ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Dix personnes mises en examen

Dans cette affaire, comme dans celle des lasagnes à la viande de cheval, la négligence et/ou la malhonnêteté de quelques personnes sont à l'origine de la tromperie dont est la cible, in fine, le consommateur. L'affaire révélée le 15 décembre qualifie la viande de cheval mise à la vente « d'impropre » à la consommation. « En l'état de ce dossier, il n'y a aucun caractère nuisible à la santé humaine », souligne Brice Robin, précisant qu'il s'agit « d'une fraude aux normes sanitaires, pas d'une fraude sanitaire ». Le 18 décembre, dix personnes, dont l'organisateur présumé du réseau, Patrick Rochette, ont été mises en examen à Marseille. Patrick Rochette, grossiste en viande chevaline, l'est pour « faux et usage de faux, tromperie et association de malfaiteurs pour établissements de faux administratifs ». Au 15 décembre, le trafic portait sur 200 chevaux. Mais « ce n'est que le début de l'enquête », précise Brice Robin. Des perquisitions ont aussi eu lieu à Gérone en Espagne.