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Droits de plantation/UE La Finlande se joint aux États membres opposés à la libéralisation prévue en 2016

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Il semble que l’opposition à la libéralisation des droits de plantation des vignes, qui devrait prendre effet dès le 1er janvier 2016 mobilise chaque jour davantage de responsables politiques. Ainsi, le 19 mars s’est tenu un grand rassemblement de plusieurs dizaines de parlementaires et de professionnels du secteur vini-viticole, au Parlement Européen à Bruxelles, agrémenté de la présence de pas moins 9 ministres européens de l’agriculture, dont bien sûr Bruno Le Maire. L’objectif de cette manifestation organisée dans le grand salon des eurodéputés était de réitérer la détermination des participants à maintenir les droits de plantation et à s’opposer à la libéralisation de la production viticole décidée par les « 27 » en 2008. Mieux: la Finlande a annoncé son intention de rejoindre les Etats membres opposés à l’abandon des droits de plantation à l’horizon de 2016.

Convoquée à l’initiative du groupe du Parti populaire européen (centre-droit) du Parlement européen, sous l’égide du député européen originaire de Savoie, Michel Dantin, et de la députée luxembourgeoise Astrid Lulling (PPE), la « réunion-sauterie » du 19 mars au Parlement européen a réuni un grand nombre d’eurodéputés ainsi que pas moins de 9 ministres européens de l’agriculture (France, Allemagne, Autriche, Italie, Hongrie, Luxembourg, Malte, Roumanie et Finlande). Tous ont réitéré leur détermination à maintenir les droits de plantation et à s’opposer à la libéralisation de la production viticole prévue à l’horizon de 2016. À cette occasion, le secrétaire d’Etat finlandais à l’agriculture, Risto Artjoki, a indiqué que son pays rejoindrait le groupe des États membres qui s’opposent à la décision de 2008 de l’Union de libéraliser les droits de plantation, portant ainsi à 16 la liste des pays européens souhaitant pousser la Commission européenne à réouvrir le dossier en 2013. La « bande des 16 » affirme avoir bon espoir de convaincre encore quelques autres Etats membres pour aboutir, en 2013, au maintien d’un système de régulation, qui s’intégrera dans la futur Politique agricole commune post-2014. « Si des gestes d’ouverture de la Commission européenne ces dernière semaines ont été soulignées, ils ne sont pas suffisants. Nous considérons la création d’un groupe de réflexion à haut niveau sur ce sujet comme un pas positif. Toutefois, la mobilisation du 19 mars au Parlement européenne à Bruxelles démontre à quel point les enjeux et la nécessité d’une réponse rapide sont essentiels», a déclaré Ricardo Ricci Curbastro, le président d’EFOW (Association européenne des producteurs de vins AOP (appellation d’origine protégée) ou IGP (indication géographique protégée).

Un amendement parlementaire sur les droits de plantation
Le ministre français, Bruno Le Maire, a rappelé combien il était dans l’intérêt général européen « de maintenir un secteur vino-viticole de qualité, qui soit un atout économique et commercial, tout autant qu’un trésor du patrimoine culturel, touristique et environnemental de notre continent ».
Plusieurs parlementaires européens et nationaux ont marqué leur soutien à cette approche. Le Parlement européen, désormais co-décideur en matière agricole, compte bien faire entendre sa voix.
Utile de le rappeler : dans un rapport d’initiative sur l’avenir de la PAC après 2013, les eurodéputés se sont déjà exprimés avec une très large majorité en faveur du maintien du régime des droits de plantation. Mieux : Michel Dantin, rapporteur sur la Politique agricole commune pour l’OCM unique a même annoncé le 19 mars qu’il introduira dans son rapport « un amendement pour réintégrer le système des droits de plantation ». Les professionnels présents ont dûment apprécié le volontarisme et la dynamique affichés, et par les ministres et par les eurodéputés. « Il est tout à fait impératif de revenir sur cette décision dans la réforme de la Pac et de pouvoir encadrer le potentiel de production pour tous les types de vin. Nous ne nous satisferons pas des simples réflexions du Groupe de haut niveau. Nous attendons désormais des actes concrets dans les prochains mois », a notamment souligné Ricardo Ricci Curbastro, le président d’EFOW.

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