Abonné

Fiscalité La fiscalité devrait encourager à investir dans l'aval, selon Philippe Mangin

- - 3 min

Philippe Mangin, président de Coop de France, a fait le point sur certaines problématiques fiscales liées à l'amont de la production, demandant une « autre lecture » de la fiscalité agricole, lors de son audition à l'Assemblée nationale, le 3 mars dernier.

« Nous trouvons la fiscalité des exploitations agricoles assez archaïque au regard des éléments qui caractérisent aujourd'hui le contexte agricole et agroalimentaire », s'est exclamé Philippe Mangin, président de Coop de France, le 3 mars, lors de son audition par la mission d'information sur la fiscalité agricole à l'Assemblée nationale. Il réclame « plus que des aménagements » de cette fiscalité, mais « une autre lecture » du dispositif. « Il serait intelligent » également « d'inciter les agriculteurs à investir dans l'aval de leur exploitation », affirme-t-il. Il rappelle que « lorsque l'agriculteur a fait un bon résultat », son comptable l'incite à renforcer ses investissements pour bénéficier d'une défiscalisation. « Le même agriculteur, l'année d'après », subira une année plus difficile et se trouvera confronté à des problèmes de trésorerie. « Il faut qu'on aide les agriculteurs à avoir une récolte d'avance et il faut une fiscalité qui le leur permette », revendique-t-il. Dans ce sens, il propose, par exemple, un « encouragement fiscal » lors de l'ouverture du capital d'une filiale de la coopérative à ses salariés ou à ses adhérents. « L'agriculteur a de sérieux avantages à changer son tracteur », au risque de fragiliser sa trésorerie, « mais pas à investir » dans l'aval de la filière.

Défiscaliser pour investir en aval

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

fiscalité
Suivi
Suivre
assemblée nationale
Suivi
Suivre

Selon Philippe Mangin, ce système permettra de « fixer les usines sur un territoires, d'apporter des capitaux aux coopératives » et de donner une autre rémunération à l'agriculteur. Il s'interroge également, face à la volatilité des cours, sur l'intérêt de mettre en place un mécanisme à l'image du prix de campagne pour des filières comme le lait. « C'est une filière qui devrait s'accaparer cet outil », avance-t-il, tout en précisant que « ceux qui dirigent la fixation du prix du lait aujourd'hui », lui « semblent un peu dépassés ». Il a également poussé à l'utilisation des marchés à terme. Il note que pour bénéficier du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), la coopérative doit filialiser, « un choix coopératif » certes mais qui peut être considéré par certains comme « pernicieux ». Il est également revenu sur deux anciennes revendications : la fiscalité des outils de stockage, traités comme des outils industriels et non comme des outils permettant de réguler les marchés, et le régime forfaitaire des exploitations, datant « d'une autre époque », qui incite « les agriculteurs à des montages complètement inappropriés ».