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Organisation La Fnab planche sur le changement d’échelle de l’agriculture biologique

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Le programme de l’assemblée générale de la Fédération nationale d’agriculture biologique aura été chargé. À l’heure où les producteurs bio défendent leur demi-siècle d’expérience et leur légitimité en tant qu’acteur de l’agro-écologie prônée par le ministre, la Fnab réfléchit aux moyens d’assurer le changement d’échelle qui se profile.

Hier pionnière, désormais en progression constante, l’agriculture biologique voit un nouveau virage arriver : celui d’une diffusion plus importante dans le monde agricole. Le « changement d’échelle », qui permettra de décoller résolument de la barre des 4% de la surface agricole nationale aujourd’hui en production biologique, est une question ouverte pour les professionnels de la bio. Aujourd’hui, 10 000 producteurs sont en bio, mais, selon les projections du service statistique du ministère de l’Agriculture, ils pourraient passer à 50 000 à moyen terme. « Nous réfléchissons à la façon dont le réseau Fnab peut accueillir ces nouveaux producteurs qui, sociologiquement, ne sont pas les pionniers, les fondateurs, qui ont fait la Fnab », a relevé Julien Adda, secrétaire national de la Fnab, en marge de l’assemblée générale de la Fnab, le 10 avril. Face à cette diversité sociologique la fédération réfléchit aux moyens « de s’adapter, de se professionnaliser, de changer sa façon de se représenter par rapport aux agriculteurs conventionnels ».

Faire évoluer le cadre institutionnel

C’est aussi un dialogue renouvelé avec les structures conventionnelles de l’agriculture qui pourrait permettre ce virage. D’où les mots de Stéphanie Pageot, nouvelle président de la Fnab (voir encadré) : « Nous nous réjouissons de la volonté affichée du réseau des chambres d’agriculture de relever le défi et nous réitérons notre souhait d’un accord cadre national pour mettre en synergie nos forces respectives dans un souci d’efficacité de l’action publique. »
Parmi les travaux qu’elle compte poursuivre, également dans le sens du changement d’échelle pour la bio, la Fnab cite son exercice de « recherche-action » sur l’organisation économique de l’agriculture biologique. Lancée en 2011, cette réflexion (1) doit ouvrir des pistes pour que l’organisation sociale et économique de la bio puisse « s’extrapoler », changer d’échelle et représenter une forme d’économie sociale et solidaire alternative à des modèles plus classiques présents en agriculture.

La Fnab veut être reconnue tête de réseau

Mais faire « infuser » l’organisation des acteurs de la bio auprès de leurs partenaires plus « conventionnels » ne semble pas facile. En effet, cette assemblée générale aura aussi abouti à un constat : celui d’une grande insatisfaction des producteurs présents sur la structuration actuelle des interprofessions. Elle « ne répond pas aux spécificités de la bio », ni en termes de gouvernance et de représentativité de la bio dans les interprofessions, « ni en termes d’actions menées », rapporte Julien Adda. Par exemple, les adhérents de la fédération ont souligné à plusieurs reprise le fait que les CVO (cotisations volontaires obligatoires) ne sont, à leur goût, pas suffisamment orientées vers des actions en faveur de la bio. La Fnab travaille sur des propositions pour modifier ce fonctionnement. La fédération souhaite d’ailleurs être reconnue parmi les Onvar, les organismes nationaux à vocation agricole et rurale dans la programmation 2014-2020 du Casdar, le compte d’affectation spéciale pour le développement agricole et rural.

Le séminaire de restitution des travaux de la « recherche-action » de la Fnab sur l’organisation économique des producteurs bio aura lieu le 21 mai à Paris

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