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La Fnab réclame les 200 millions d’euros pour services environnementaux

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Les producteurs bio considèrent que l’enveloppe qui devraient être dédiées aux services environnementaux, dans le cadre du plan de 5 Mrd €, doit être consacrée à l’agriculture bio, ce qui permettrait de combler le déficit budgétaire pour financer la fin de la programmation d’ici 2020.

Alors que les États généraux de l’alimentation se terminent et que les interprofessions finalisent leur plan de filières, la Fnab (agriculture biologique) dénonce « l’incohérence » de l’État qui prône une montée en gamme, en particulier grâce au développement du bio, tout en se désengageant sur l’aide au maintien bio. « Dans le plan de 5 Mrd€, nous demandons que l’enveloppe de 200 M€ par an dédiée aux services environnementaux, annoncée par le président de la République à Rungis, soit majoritairement affectée à l’agriculture bio », a déclaré Guillaume Rio, membre du bureau de la Fnab le 13 décembre. Ce qui reviendrait à affecter 1 Mrd € sur les 5 Mrd €. La Fnab le justifie par le fait que les aides conversion et maintien répondent parfaitement aux 5 critères officiels qui définissent les paiements pour services environnementaux. "C’est le ministère de l’Agriculture qui le dit", précise-t-il.

Les enveloppes déjà entièrement consommées

La Fnab constate que 5 régions ont déjà consommé en totalité leur enveloppe bio pour la période de programmation allant jusqu’à 2020 (Grand Est, Centre, Paca, Nouvelle Aquitaine, Bretagne) et 4 régions en ont consommé 80 % (Auvergne Rhône Alpes, Hauts-de-France, Pays de la Loire et Occitanie).

Au niveau national, au rythme de conversion bio actuel (soit 220 000 ha de conversion par an), « il manque 418 millions d’euros pour financer le développement de la bio entre 2018 et 2020", a déclaré Stéphanie Pageot, présidente de la Fnab. Selon la Fnab, même les régions qui veulent prendre en charge l’aide au maintien ont du mal à trouver la part de cofinancement national (25 %), dans leur budget ou auprès des agences de l’eau.

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L’aide à la conversion elle aussi menacée

Or, sur les 650 M€ qui ont été transférés cet été du 1er vers le 2e pilier de la Pac, une trop petite enveloppe va être affectée à l’agriculture bio, dénonce la Fnab. Région de France a demandé à l’État que 180 M€ soit consacrés aux aides bio et MAEC. « Cette demande est restée lettre morte, s’inquiète Stéphanie Pageot. De plus, de nombreuses régions laissent entendre que l’aide à la conversion passerait de 5 années à 3 années » et qu’elle serait restreinte à certaines productions. "Jusqu’alors, un agriculteur qui passait en bio était assuré de bénéficier d’aides spécifiques bio pendant au moins dix ans. Demain, dans certaines régions, ce ne sera plus que trois ans, alors que c’est 18 ans en Allemagne !", dénonce la présidente de la Fnab qui demande que le président de la République "tienne ses promesses" en demandant au ministère de l’Agriculture de prioriser le bio dans la répartition des transferts des 65 M€ affectés cet été.

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« Il manque 418 millions d’euros pour financer le développement de la bio entre 2018 et 2020"